L’or qui dépasse $5 600 par once peut sembler spectaculaire, surtout avec les médias sociaux remplis de récits de crash. Mais le graphique partagé par l’analyste Reflection raconte une histoire beaucoup moins émotionnelle, et bien plus cohérente.
Le point clé de l’analyse de Reflection est le timing. L’or ne précède pas les krachs boursiers. Il les suit.
En regardant le S&P 500 tracé contre l’or sur plusieurs cycles, la même structure se répète.
Pendant la bulle Internet (2000–2002), les actions ont culminé en premier. Le S&P 500 a perdu environ 50 %, tandis que l’or a à peine bougé au début. Ce n’est qu’après que les actions avaient déjà chuté que l’or a commencé sa progression pluriannuelle. La hausse de l’or était une réaction aux dégâts déjà causés, et non un signal d’alerte.
Le même schéma apparaît lors de la Crise financière mondiale 2007–2009. Les actions ont dévissé, le crédit s’est effondré, et la peur a envahi le système. L’or a augmenté pendant la crise, mais le mouvement principal est survenu après le creux, lorsque les investisseurs étaient traumatisés et évitaient le risque. Ce trade de l’or post-crise s’est transformé en piège : de 2009 à 2019, l’or a stagné tandis que les actions ont connu une croissance agressive.
Source : X/@0xReflection
Reflection met cela en évidence clairement sur le graphique. La ligne rouge de l’or continue de monter longtemps après le marqueur de crash, tandis que les actions se reconstruisent discrètement puis surpassent.
Le crash de la COVID-19 suit la même logique. L’or a légèrement baissé lors de la liquidation initiale. Le vrai mouvement haussier n’est venu qu’après l’effondrement des marchés et l’instauration de la panique. Encore une fois, l’or a réagi à la peur — il ne l’a pas prédite.
En ce moment, l’or bouge alors que les actions tiennent encore bon. Cela a son importance.
Le graphique indique clairement cette phase : après les crises, et non avant, le capital se tourne vers l’or comme une couverture psychologique. Les investisseurs se souviennent de la douleur et privilégient la sécurité — même lorsque les actifs risqués commencent déjà à se redresser.
C’est exactement ce que met en garde Reflection.
L’environnement actuel est saturé de récits de peur :
Titres de la dette américaine, panique sur le déficit, bulle IA, guerres tarifaires, bruit géopolitique. L’or profite de cette humeur. Mais historiquement, cette humeur tend à apparaître après les crashes, et non juste avant.
Sur le graphique, chaque fois que l’or est devenu une valeur refuge consensuelle sans effondrement réel des actions, il a sous-performé pendant des années par la suite.
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Le danger n’est pas de posséder de l’or. Le danger est la surexposition.
Lorsque l’or devient la réponse par défaut aux titres plutôt qu’aux dégâts réels du marché, le capital est placé dans un actif qui peut fluctuer pendant une décennie. Cela s’est produit après 2011. Il a fallu presque dix ans pour que les acheteurs d’or voient à nouveau de vrais gains, tandis que les actions et autres actifs risqués ont continué de croître sans relâche.
Le graphique de Reflection ne dit pas que l’or doit s’effondrer à partir de 5 600 $. Il dit quelque chose de plus inconfortable :
la hausse de l’or ne signifie pas automatiquement qu’un effondrement plus large du marché est imminent.
En fait, l’histoire suggère le contraire.