Claude Design : quelles actions et startups sont affectées après sa sortie

Dimanche matin, à la table numéro 6 du Zombie Café sur California Ave, le troisième espresso a enfin été rechargé. Le nouveau couteau lancé par Anthropic vendredi dernier, Claude Design, cette nouvelle arme, que Alan Walker de Silicon Valley a regardée deux fois.

D’abord, démontons cette arme pour vous montrer — qu’est-ce que c’est, pourquoi ce n’est pas “juste un autre outil de conception IA”, pourquoi elle est considérée comme un événement structurel par le marché boursier américain et hongkongais. En expliquant cette arme clairement, on nommera ensuite, une par une, les entreprises qu’elle a déjà frappées ou va frapper prochainement.

Claude Design, qu’est-ce que c’est · Esquisse d’une nouvelle arme

Pour faire simple — quand vous ouvrez Claude, et que vous tapez dans la boîte de dialogue “Je veux une page de tarification SaaS, thème sombre, trois niveaux”, il vous fournit directement un prototype interactif. Si vous dites “Marque le deuxième niveau comme recommandé”, il modifie. Si vous demandez “Change la palette en couleur de notre marque”, il lit votre code et votre fichier Figma, et aligne automatiquement. Une fois terminé, un clic suffit pour packager avec Claude Code, le code se génère automatiquement, prêt à déployer.

On dirait une fusion de Figma + Gamma + v0 ? Exactement. Mais cette fusion n’est qu’une apparence, la véritable puissance réside dans trois détails précis.

Pourquoi c’est une arme de destruction massive · Trois détails fondamentaux

Première arme · Lecture directe du code source et des fichiers Figma

Pendant la phase d’onboarding, Claude Design lit directement votre dépôt GitHub et vos fichiers Figma, et génère automatiquement un système de design dynamique — couleurs, typographies, composants, tokens, tout est aligné. Ensuite, tous vos projets appliquent automatiquement ce système.

Cette arme élimine la raison d’être de toute la catégorie des outils de design system des dix dernières années.

Les entreprises comme Supernova, zeroheight, Specify, Knapsack, Tokens Studio, Frontify font essentiellement “maintenir la cohérence entre Figma et le code”. Quand Claude lit directement la source, la couche de synchronisation intermédiaire devient obsolète. Ce segment est en train de tout remettre à zéro.

Deuxième arme · Packager le Handoff dans Claude Code

Une fois la conception terminée, vous packager en un bundle de transfert, le confiez à Claude Code, et le code est généré automatiquement. Une phrase dans le communiqué de lancement est gravement sous-estimée —

"sans revue de code ni PR"

Cette phrase constitue une sentence de mort pour la chaîne de production design-to-code des dix dernières années.

  • Zeplin fait la couche intermédiaire design-to-dev

  • Anima, Locofy convertissent Figma en React

  • v0 transforme prompts en composants React

  • Bolt, Lovable transforment prompts en applications full-stack

Ces quatre acteurs ont investi plus de $15 milliards de dollars au cours de la dernière décennie, avec le même enjeu — “le design et le code sont deux systèmes, il faut une couche de traduction”. Aujourd’hui, Anthropic intègre Claude Design et Claude Code dans un même runtime, le design et le code ne sont plus “en handshake”, mais “deux surfaces d’un même objet”. La base physique de la couche de traduction a disparu.

Troisième arme · Frontier Design · Même un non-design peut faire shader, 3D, voix, vidéo

La phrase la plus percutante du communiqué —

Anyone (n’importe qui) — ce mot n’est pas du marketing, c’est une déclaration de guerre.

Autrefois, faire un prototype avec shader, 3D et interaction vocale nécessitait un ingénieur Three.js + un designer d’effets + un sound designer, deux semaines minimum, avec un coût de $50K . Aujourd’hui, un product manager peut produire un prototype en une demi-heure avec un prompt.

Spline, Rive, Bezi, Ceros — ces entreprises qui vivent en “abstrayant la complexité technique”, ont comme barrière technologique un seuil élevé. Quand LLM abaisse ce seuil, cette barrière disparaît.

En regroupant ces trois armes, vous comprenez pourquoi le marché considère Claude Design comme un événement structurel — ce n’est pas “un meilleur Figma”, c’est une intégration unique dans la plateforme LLM de tout le flux créatif en amont, en milieu et en aval. Chaque outil en aval de Figma, qui “amène Figma quelque part”, doit aujourd’hui redémontrer sa valeur.

Timing de lancement · Un setup prémédité

Une chose que beaucoup n’ont pas remarquée : Claude Design a été lancé vendredi 17 avril, mais l’action a vraiment bougé le mardi précédent, 14 avril.

Ce jour-là, Figma a déposé un 8-K auprès de la SEC, très court — Mike Krieger, CPO d’Anthropic, quitte le conseil d’administration de Figma. Ce n’est pas un simple employé, c’est l’un des deux co-fondateurs d’Instagram, recruté l’an dernier par Anthropic pour diriger Anthropic Labs. Il siégeait chez Figma depuis moins d’un an.

Le même jour, The Information a lâché une info — la prochaine génération d’Anthropic, Opus 4.7, intégrera une suite complète d’outils de conception. Ce n’est pas une fuite, c’est une annonce officielle d’Anthropic. Trois jours plus tard, Claude Design est lancé.

Ce rythme est clair en le regardant deux fois : Krieger ne peut pas rester un jour de plus dans le conseil de Figma, car le moment de l’action est déjà fixé. Ce n’est pas une compétition qui s’intensifie, c’est une préparation préméditée. Après vingt ans dans la Silicon Valley, la vraie guerre ne commence pas à la sortie du produit, mais dès la semaine précédant la divulgation du siège au conseil.

Figma · De 60 milliards à 10 milliards en un an

L’année dernière, lors de l’introduction en bourse, Dylan Field déclarait que “Figma est l’endroit où les équipes se rassemblent”. La valorisation de la société était alors de $60 milliards, et le jour du IPO, elle a bien progressé. Moins d’un an plus tard, la capitalisation boursière a chuté à $10 milliards, soit une baisse de plus de 80%.

Ce n’est pas une simple fluctuation, c’est une réécriture du paradigme de valorisation d’une entreprise.

Vendredi, Figma a perdu 7,28 %, ce qui est plutôt modéré — car la vraie chute a eu lieu mardi dernier, quand Krieger a annoncé sa démission, avec une baisse immédiate de 6 %. En deux jours, la valeur de Figma a évaporé plus d’un milliard de dollars.

Certains demandent si Figma a encore une barrière concurrentielle — collaboration multi-utilisateurs, écosystème de plugins, identité de marque des designers. Ces éléments ne peuvent pas être reproduits en une nuit par Claude. Ce n’est pas faux. Donc, Figma ne va pas chuter de 20 % en un jour comme LegalZoom, mais elle va se déprécier lentement — en deux ans, le multiple de valorisation (forward PE) passera de 60 à 20, et la capitalisation sera encore divisée par trois. C’est l’histoire classique du SaaS — quand la croissance attendue d’une entreprise passe de “forte croissance continue” à “cash flow stable”, la valorisation est compressée d’un tiers.

Un ami chez Benchmark m’a appelé mercredi dernier : ils ont réduit leur multiple cible pour Figma, de 12x ventes à 4x ventes. Ce n’est pas une opinion isolée, c’est un consensus dans le cercle du growth equity. Les fonds de crossover qui ont investi lors du IPO de Figma auront une année difficile.

Pour survivre, Figma doit s’appuyer non plus sur la “croissance”, mais sur une “barrière institutionnelle”. Des millions de designers dans le monde stockent leurs œuvres, leurs équipes, leurs versions historiques dans Figma — le coût de migration est élevé. Comme Slack, qui résiste à l’encerclement de Microsoft Teams, Figma deviendra une entreprise mature, versant des dividendes par action. La valorisation reflétera cette maturité.

Adobe · Un vétéran de 18 ans cède la place à un moment critique

L’histoire d’Adobe est plus complexe que celle de Figma. Shantanu Narayen, que j’ai rencontré en 2015 lors de l’Adobe Summit, est CEO depuis 18 ans, ayant mené Adobe de 30 milliards à 200 milliards de dollars. Le 12 mars, il a annoncé qu’il allait céder sa place, et le lendemain, le titre a chuté de 7,6 %, avec une baisse de 25 % depuis le début de l’année, approchant d’un creux de trois ans.

Ma lecture d’Adobe diffère de beaucoup : beaucoup pensent que Narayen a été évincé par l’IA — ce n’est pas le cas. Il a simplement compris ce que doit faire Adobe, et ce qu’il ne pourra pas faire lui-même.

Ce que Adobe doit faire, c’est une “reconstruction native IA” — tout repenser dans Creative Cloud, en le transformant en une gamme de produits orientés agent-first. Narayen ne pourra pas réaliser cette vision, car il a été le héros de la transition vers le modèle d’abonnement, basé sur la subscription. Pour abandonner ce vieux modèle, il faut un CEO native IA sans bagages.

Le marché attend ce leader. La voix la plus forte en interne est David Wadhwani, et plusieurs cadres du SaaS et de l’IA seraient en cours de vérification. Mon avis ——

Mais peu importe la voie, la longue histoire d’Adobe ne sera plus celle de “l’abonnement invincible”.

Après la sortie de Claude Design vendredi, Adobe n’a perdu que 1,5 %, ce qui paraît raisonnable — mais c’est parce que l’annonce de la démission de Narayen a déjà été digérée. La vraie douleur reste à venir, avec la guidance du Q2.

Canva, Wix et une série d’entreprises en danger discret

Canva’s CEO Melanie Perkins a fait une déclaration dans le communiqué de Claude Design, disant “bringing Canva to wherever ideas begin”. Les Silicon Valley insiders comprennent : c’est un CEO d’une entreprise $42B qui admet publiquement que le haut de l’entonnoir ne se trouve plus chez eux. L’évaluation interne de Canva l’an dernier était de $60 milliards, elle est tombée à $42 milliards cette année. Si une IPO a lieu l’an prochain, le prix sera probablement autour de $30 milliards, sauf si Melanie propose une stratégie suffisamment agressive.

Wix — je suis cette entreprise de près. Mardi, elle a chuté de 4,7 %, et depuis le début de l’année, ce n’est pas brillant. Mais le prix actuel est de 20 dollars, avec un PE de 13 et un cash flow libre de 570 millions, ce qui est bon marché. Motley Fool recommande “buy the dip”. Mon avis est différent — Wix est une entreprise de “valeur profonde” et de “piège à valeur” à la fois. Son activité DIY de création de sites est directement concernée par Claude Design + Claude Code. Les PME, qui ont un taux de churn élevé, découvriront qu’avec Claude, elles peuvent faire un site deux fois plus beau qu’avec un modèle Wix, et la migration sera simple.

GoDaddy a chuté de 3 % le même jour. La logique est la même que Wix, mais ses utilisateurs sont plus âgés et plus fidèles. La baisse à court terme est limitée, mais la dépréciation à long terme est inévitable.

Et une série d’entreprises que vous n’attendiez pas :

Ce n’est pas un incident isolé, mais toute une filière.

Le plus touché est Thomson Reuters — une chute de 15,83 % en une seule journée, la plus grosse de l’histoire de la société, à cause du lancement du plugin juridique Claude Cowork. LegalZoom a chuté de 19,68 %. La législation, la comptabilité, les services de données — ces trois piliers SaaS traditionnels — ont été déstabilisés en trois mois. Gartner a aussi perdu 21 % le même jour : les business de “tri manuel d’informations” ne valent plus grand-chose face aux LLM.

Trois vagues de projectiles · SaaSpocalypse, la chronologie

En retraçant la chronologie, vous comprenez ce que fait Anthropic cette année.

Quatre mois, trois vagues. Chacune frappe un segment différent, mais la logique est la même — les produits LLM natifs remplacent la couche intermédiaire SaaS.

Anthropic a déjà vu sa valorisation grimper jusqu’à un montant que l’on dit proche de $800 milliards, et aurait refusé une offre d’investissement de cette ampleur. Si la direction pense que l’évaluation dépassera un trillion de dollars l’année prochaine, cela signifie qu’elle a encore beaucoup d’armes non déployées. Quelques amis hedge funders autour de moi surveillent une question — où sera la prochaine frappe.

Goldman Sachs, dans une de ses cartes, montre que la différence entre leurs positions longues en semi-conducteurs et en logiciels atteint un record historique. Les semi-conducteurs sont en sur-achat, les logiciels en sous-achat. Ce n’est pas une tendance à court terme, mais une conviction sectorielle forte. Il suffit de regarder où va l’argent, et l’histoire s’écrit.

Les startups d’IA directement frappées par Claude

Ce passage mérite une attention particulière. Ces deux dernières années, la course la plus chaude à Silicon Valley s’appelait “outils de conception IA” ou “vibe coding”. Plusieurs acteurs ont levé beaucoup de fonds —

Gamma — fait des pitch decks IA, valorisée à 600 millions de dollars l’an dernier, avec une belle base d’utilisateurs. La proposition et celle de Claude Design se recoupent à 100 %. Aujourd’hui, le conseil de Gamma doit probablement discuter pour éviter de devenir “juste une feature”. La difficulté : Gamma utilise l’API Claude — la base est un modèle tiers, et ce modèle est maintenant utilisé directement par d’autres, avec leur propre marque et distribution.

v0 de Vercel — le produit le plus élégant dans la catégorie design-to-code. Aujourd’hui, la proposition centrale de v0 est complètement absorbée par Claude Design + Claude Code. La maison mère Vercel, avec Next.js et l’infrastructure de déploiement, ne va pas disparaître, mais v0 doit se repositionner. La voie probable : devenir une cible de déploiement pour Claude Design, passant d’un concurrent égal à une couche d’exécution en aval. Ce n’est pas honteux, mais ce n’est pas sexy non plus.

Lovable — que je suis depuis longtemps. Fin 2022, ils ont levé une série B à 6,6 milliards de dollars, avec des investisseurs prestigieux — CapitalG, NVIDIA Ventures, Salesforce Ventures, Databricks Ventures, Atlassian Ventures, HubSpot Ventures. Leur ARR est passé de 7 millions en juillet dernier à 400 millions en février, une croissance explosive. Mais leur core tech repose sur “utiliser Claude pour créer des apps” — leur propre modèle est Claude. Maintenant que Claude peut générer des apps, la légitimité de ce pari est remise en question. Lovable pourra peut-être continuer à vivre grâce à l’intégration full-stack et à leur partenariat avec Supabase, mais la revalorisation est en marche.

Bolt.new (de StackBlitz) — même segment, 90 % de chevauchement. Leur technologie WebContainer est différenciée, mais face à des concurrents plus gros, leur avantage est incertain.

Galileo AI, Uizard, Visily — des acteurs plus petits, avec des propositions très similaires, sans distribution ni avantage concurrentiel. Ces entreprises préparent probablement une nouvelle baisse de valorisation ou une sortie anticipée.

Un ami investisseur en early stage m’a envoyé la capture d’écran d’un email urgent de trois CEO d’outils de conception IA dans son portefeuille — tous utilisent le mot “pivot”. On ne sait pas encore vers quoi, mais le mot est là. La réalité de la Silicon Valley.

Le massacre du 4 février à Hong Kong

Après avoir raconté l’histoire du marché américain, je vais consacrer plus de temps à Hong Kong et A-shares — car cette région, moins couverte par les médias financiers, recèle plus d’opportunités et de pertes.

Revenons au 4 février. La veille, le SaaS américain a été balayé toute la nuit par le plugin juridique Claude Cowork. Le lendemain matin, l’émotion a traversé l’Asie, et le secteur SaaS à Hong Kong a presque disparu :

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La capitalisation totale du secteur SaaS à Hong Kong a fondu de près de 150 milliards HKD ce jour-là. La panique s’est propagée : Tencent -3,96 %, Alibaba -0,93 %, NetEase -3,32 %, Baidu -2,97 %, l’indice Hang Seng Tech a chuté de 1,84 %. En Chine A, c’est pire — Sangfor -4,86 %, Yonyou -3,27 %, HanDe -7,41 %, et des sociétés comme GigaMedia, TianDi Online ont été stoppées en baisse limite. La première réaction : c’est une réaction excessive. Ce n’est pas que le SaaS hongkongais n’a pas de problème, mais leur logique fondamentale diffère de celle du marché américain. Le SaaS américain est un marché mature, où Salesforce, Workday, Atlassian ont déjà digitalisé leurs clients. L’IA ne fait que renforcer leurs revenus d’abonnement. Le SaaS hongkongais et A-shares sert encore des entreprises en début de digitalisation — Kingdee, Yonyou, beaucoup sont encore en transition Excel vers ERP. Pour eux, l’IA est un accélérateur, pas un substitut. C’est pourquoi, le 5 février, j’ai renforcé mes positions dans le SaaS hongkongais — pas toutes, mais sélectivement. La mauvaise gestion de la panique crée une opportunité d’alpha.

Ce que je vais acheter ou éviter dans le secteur hongkongais

$100M J’achète

Kingsoft Cloud (03896.HK) — un gagnant structurel. En six mois, son cours a été multiplié par près de 6,5, sa capitalisation dépasse 32 milliards HKD. La logique est claire — dans l’ère IA, la demande en puissance de calcul explose, et dans la fenêtre de substitution locale, Kingsoft Cloud est le fournisseur d’infrastructure pour la stratégie IA de Xiaomi et WPS AI. Lei Jun a annoncé le 27 février que Xiaomi consacrerait plus de 300 milliards de RMB en R&D d’ici 2025, dont un quart à l’IA, et Kingsoft Cloud en bénéficie directement. Ce n’est pas un jeu de sentiment, c’est une visibilité de revenus.

Zhipu Huazhang (02513.HK) — la “première action mondiale des grands modèles” depuis le 8 janvier, avec une hausse de 13,17 % à l’ouverture, et une capitalisation d’environ 900 milliards HKD. Après le Nouvel An, le 21 février, une seule journée a vu une hausse de 42,72 %, la capitalisation a dépassé 3 232 milliards HKD.

Ce n’est pas basé sur la performance, mais sur la narrative de “substitution nationale”. Avec Claude d’Anthropic non disponible en Chine, les entreprises ont besoin de modèles locaux, et Zhipu est une option privilégiée. C’est un beta politique, pas un alpha de résultats, mais ce beta devrait durer deux ans.

MiniMax — lancé le 9 janvier, avec une hausse de 78 % à l’ouverture, et une clôture à +109,09 %, dépassant 1000 milliards HKD de capitalisation, récemment à 304,2 milliards HKD. En février, leur modèle M2.5, censé concurrencer Claude Opus 4.6, a été lancé. Leurs produits C-end — Haijiao AI, Talkie, Xingye — ont généré 71 % de leurs revenus en marchés à forte capacité payante à l’étranger. Je surveille cette entreprise, mais je ne la détiendrai pas en grande quantité — les produits d’accompagnement AI pour le C-end comportent des risques de copyright, et la réglementation à l’étranger peut se durcir à tout moment.

Meitu (01357.HK) — la plus compliquée. D’un côté, la capacité de génération d’images de Claude Design représente une menace pour leur outil d’AI design. Mais, de l’autre, leur base de 12,61 millions d’abonnés payants (croissance de 38,4 %) en Chine, avec des fonctionnalités de beauté, social, e-commerce, constitue une barrière que Anthropic ne pourra pas franchir à court terme. En deux ans, la capitalisation de Meitu a été multipliée par 13, intégrant déjà beaucoup d’optimisme. Je reste neutre, sans acheter ni vendre, en attendant le Q2.

Weimob (02013.HK) — petite mais solide. Leur rapport annuel 2025 vient d’être publié, avec un premier bénéfice annuel de 42,4 millions RMB depuis 2021, et un revenu AI de plus de 116 millions RMB. Le prix de 1,8 HKD est proche du plancher du marché SaaS en période de crise. Si leurs revenus AI continuent de croître, c’est une petite capitalisation avec un potentiel de 2-3 fois. Mais le risque existe : leur SaaS traditionnel, basé sur l’abonnement, est aussi impacté par l’IA, et il n’est pas certain que l’IA dépasse la baisse des abonnements.

Ce que je vais éviter

Kingdee International (00268.HK) — même si la chute de 12 % le 4 février peut sembler excessive, leur activité cloud ERP est la cible la plus directe de l’IA agent. La valeur centrale de l’ERP, c’est “flux de travail + données”, et Claude Cowork, couplé à un connecteur de données d’entreprise, est en train de tout engloutir. Sans actions rapides d’IA, leur multiple de valorisation continuera de baisser.

Kingsoft (03888.HK) — WPS est la cible de Claude Design et Cowork. La protection locale en Chine ne durera que 12 à 18 mois. Ensuite, les acteurs locaux (ByteDance, Alibaba) vont intensifier leur offensive dans le secteur de l’office en chinois, et la barrière de Kingsoft sera rapidement diluée.

China Software International (00354.HK), Mobvista (01860.HK) — le premier est une société d’outsourcing IT, dont l’IA pourrait rapidement remplacer le développement logiciel externalisé ; le second, une SaaS de publicité mobile, voit le plugin marketing de Claude Cowork grignoter ses activités. Ces deux entreprises sont en structure de long terme défavorable, et il vaut mieux éviter leur rebond à court terme.

Les startups chinoises d’IA · Une voie totalement différente

À ce stade, il faut isoler la situation des startups chinoises d’IA, car leur contexte face à Claude Design est complètement différent de celui des startups de Silicon Valley.

Pour conclure — Claude Design a peu d’impact direct sur les “Six Dragons” de l’IA chinoise. La raison est simple : Anthropic n’est pas accessible en Chine. Zhipu, MiniMax, Yuezhiyan, Baichuan, Jiezhuo, Zero One — ces six acteurs, ainsi que d’autres comme Mofan ou DeepSeek, ne sont pas en compétition avec Claude, mais entre eux, ou contre ByteDance, Alibaba, Tencent.

Mais cela ne veut pas dire qu’ils ne ressentent pas la pression. La pression vient d’un autre côté — l’évaluation du marché du capital sur la valeur des modèles, qui est en train d’être redéfinie par la courbe d’évaluation de Claude.

En ce début 2026, la scène chinoise de l’IA est très claire :

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Voici la carte de la différenciation des licornes IA chinoises en 2026 — seules Zhipu, MiniMax, Yuezhiyan restent en haut du panier, avec ByteDance, Alibaba, DeepSeek, formant un groupe de six acteurs principaux, le schéma des six forces est quasiment fixé.

Le défi pour ces trois acteurs indépendants n’est pas Claude Design — c’est leur vitesse de brûlage de cash :

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Ils doivent continuer à lever des fonds, et leur référence reste Anthropic — tant qu’ils n’atteignent pas $29B ARR, ils n’ont pas de pression pour devenir rentables, car Google et Amazon ont investi des dizaines de milliards de dollars. La question est : ces acteurs chinois pourront-ils lever des fonds d’une ampleur comparable ? Pour l’instant, la seule voie est le soutien national et l’IPO à Hong Kong.

Zhipu a choisi l’IPO à Hong Kong, MiniMax suit, Yuezhiyan prévoit aussi une IPO cette année. C’est une course à la financement ou survie.

La sortie de Claude Design ne constitue pas une concurrence directe pour eux, mais elle pousse les investisseurs mondiaux à réévaluer la valeur d’un modèle intégré “modèle + produit” — le fait qu’Anthropic fasse ses propres produits réduit le plafond de valorisation des “seules sociétés de modèles”.

Il y a deux semaines, j’ai déjeuné avec un directeur produit de Kimi, qui m’a dit : “La sortie de Claude Design est un réveil pour nous, pour ne pas se limiter à faire des modèles, mais à créer des produits et écosystèmes end-to-end.” La prochaine étape pour les entreprises chinoises d’IA, c’est de passer de la vente d’API à la vente de scénarios. La stratégie d’Alibaba Cloud avec BaiLian 7.9 RMB/mois pour Qianwen 3.5, GLM-5, Kimi K2.5, MiniMax M2.5, c’est pour cela — créer un canal de distribution.

Une autre ligne souvent négligée — les entreprises d’IA applicative. En Chine, des sociétés comme Ziran Xuanze (compagnie d’IA d’accompagnement), Weimeng (robots émotionnels), MarsWave (génération audio) — ces entreprises ont plus de chances de survivre que les modèles eux-mêmes, car elles traitent de scénarios concrets, pas d’une course à la puissance de calcul infinie. Claude Design leur offre une opportunité, pas une menace — si leur capacité de conception peut être encapsulée en API, leur coût de développement baisse fortement.

La prochaine frappe · Ce que j’attends ici

Claude Design n’est pas une fin, mais la troisième balle du “product factory” d’Anthropic Labs (Cowork, Code, Design). La prochaine frappe pourrait aller dans deux directions.

( Première direction · Marketing et Growth en full stack

Claude Cowork a déjà un plugin marketing, si Anthropic lance un produit comme “Claude Growth Studio”, HubSpot (HUBS) pourrait connaître une chute brutale, tout comme Klaviyo, Braze, Marketo.

Ce scénario est très probable, car l’automatisation marketing est la prochaine cible la plus facile à quantifier en ROI. Pour couvrir, je prendrais des options put spread avant le rapport de HubSpot.

) Deuxième direction · Analytics et BI

Tableau (de Salesforce), Looker (de Google), ThoughtSpot — Claude Cowork peut déjà faire de l’analyse de données, la génération de dashboards et l’exploration interactive sont naturelles.

Ce secteur bénéficiera de Snowflake et Databricks, mais les outils BI en application seront impactés. Salesforce, propriétaire de Tableau, continuera à subir une pression.

( Troisième direction — l’érosion supplémentaire des outils de développement d’entreprise

Atlassian (TEAM) — Jira, Confluence, etc. — et ServiceNow — ITSM — pourraient tous être réorganisés. ServiceNow, qui détient beaucoup de données de processus d’entreprise, pourrait durer plus longtemps ; Atlassian, avec moins de barrière de “système de référence”, est plus vulnérable.

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Les employés du Zombie Café commencent à nettoyer les tasses du rush, le jeune Stanford à côté est déjà parti. Enfin, je vous raconte ce que j’ai fait ce week-end.

Mon portefeuille — opérations

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( La vraie nature de ce marché

Ce n’est pas “l’IA tue le SaaS”, mais “les plateformes LLM prennent en charge directement l’application, réduisant à néant la valeur de toutes les sociétés wrapper”.

C’est un processus structurel, irréversible.

Je ne sais pas où sera la prochaine frappe d’Anthropic, mais je sais une chose — quatre mois, trois vagues, et la prochaine sera probablement fin mai ou début juin. Ce jour-là, le marché tremblera à nouveau, et nous serons là, à regarder une nouvelle série de noms défiler.

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