Ces derniers temps, beaucoup de questions se posent sur la légalité ou l’interdiction du trading à terme (futures) dans l’Islam, et honnêtement ce n’est pas aussi simple que ce que pensent certains. Les savants en finance islamique sont assez divisés sur le sujet, alors voici une explication des enjeux principaux.



La première chose à comprendre est que l’Islam a des règles très précises concernant les contrats financiers. Le Coran autorise explicitement le commerce mais interdit le riba, c’est-à-dire l’intérêt. Donc, lorsqu’on se demande si le trading à terme est halal ou haram d’un point de vue islamique, il faut vérifier si cela implique un financement basé sur l’intérêt. Beaucoup de trading à terme conventionnel implique du trading sur marge où l’on emprunte de l’argent avec intérêt pour amplifier ses positions. Cela est clairement haram selon l’Islam. Même les frais de rollover, qui ressemblent à des intérêts, peuvent poser problème.

Ensuite, il y a le concept de gharar, qui signifie une incertitude ou ambiguïté excessive dans un contrat. Le Prophète a spécifiquement mis en garde contre la vente de ce que l’on ne possède pas. Le trading à terme, par nature, consiste à spéculer sur les mouvements futurs des prix sans posséder réellement l’actif sous-jacent. La plupart des traders n’ont même pas l’intention de prendre livraison – ils parient simplement sur la direction du prix. C’est là que cela devient compliqué.

L’Académie de Fiqh Islamique de l’Organisation de la Coopération Islamique a d’ailleurs publié la Résolution 63 en 1992, qui stipule que les contrats à terme standards, notamment ceux réglés en espèces sans livraison physique, sont interdits en raison du gharar et de leur ressemblance avec le jeu (maysir). C’est la position majoritaire parmi les savants contemporains comme Sheikh Taqi Usmani.

La vente à découvert (short-selling) pose aussi un gros problème. Le Hadith dit explicitement « Ne vendez pas ce que vous n’avez pas », et la plupart des trading à terme implique de vendre des actifs avant de les posséder. C’est essentiellement parier sur la baisse ou la hausse des prix, ce qui relève du maysir – le jeu.

Cependant, certains savants permettent certains types de trading à terme sous des conditions strictes. Si vous avez l’intention réelle de recevoir ou de livrer l’actif physique, et non simplement de régler en espèces, et si aucun intérêt n’est impliqué, et si la structure suit des principes islamiques comme le contrat Salam ou la Murabaha, alors cela pourrait être considéré comme permis. Mais c’est l’exception, pas la règle.

En pratique, si vous vous demandez si le trading à terme dans sa forme conventionnelle – spéculative, réglé en espèces, sur marge – est halal ou haram selon la majorité des savants, la réponse est non. Le riba, le gharar, les éléments de jeu, tout cela rend le tout haram.

Si vous êtes musulman et que vous souhaitez couvrir vos risques ou utiliser des contrats à terme de manière conforme à l’islam, il existe des alternatives. Les contrats Salam, par exemple, sont des ventes à terme prépayées autorisées. La Murabaha est aussi utilisée dans la couverture islamique. Ces structures sont différentes et ne posent pas les mêmes problèmes.

En résumé, la majorité des personnes qui pratiquent le trading à terme ne le font pas selon les principes de la finance islamique. Quiconque souhaite s’y engager sérieusement devrait consulter un savant islamique qualifié avant de se lancer dans les dérivés. Ce n’est pas une question à prendre à la légère si vous souhaitez respecter votre foi.
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