Dollar, obligations américaines et or......

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Failles structurelles du système de monnaie fiduciaire et signification stratégique d’une reconfiguration des actifs adossés à l’or

I. Déficiences intrinsèques de la monnaie fiduciaire et des obligations du gouvernement

Le principal antagonisme du système financier mondial contemporain réside dans le mécanisme de fonctionnement de la monnaie fiduciaire (fiat) et des obligations du gouvernement. La monnaie fiduciaire est, par essence, un instrument de dette : elle ne s’appuie sur aucun actif tangible comme garantie finale de règlement. Prenons, par exemple, les bons du Système de réserve fédérale des États-Unis : ils ne correspondent pas à une notion traditionnelle de billets en dollars, qui avaient autrefois l’engagement explicite d’être remboursés en or ou en argent, tandis que les bons du Système de réserve fédérale ne peuvent être réglés qu’au moyen d’autres titres de même nature, formant ainsi une boucle d’auto-entretien. Cette conception fait que le volume de monnaie émise ne pourra jamais couvrir la totalité du principal et des intérêts dus.

Lorsque les gouvernements émettent des obligations ou des titres d’État, ils ne fournissent que la partie du principal : par exemple, émettre une obligation de 100 dollars exige en plus le paiement d’intérêts (coupon). La composante des intérêts n’est pas créée en même temps que l’émission initiale, ce qui oblige à continuer à émettre de nouvelles obligations pour rembourser les intérêts des anciennes. Ce modèle de « nouvelles obligations pour payer les anciennes » présente des caractéristiques typiques de type Ponzi : l’encours de la dette s’étend en spirale et ne peut pas être résolu naturellement par la croissance économique. Sur le long terme, les déficits budgétaires s’accumulent, la pression inflationniste augmente, et, au final, le pouvoir d’achat de la monnaie est érodé. Les données historiques montrent que des mécanismes similaires, en environnement de forte dette, déclenchent très facilement des crises de confiance, poussant la banque centrale à diluer davantage la valeur de la monnaie via un assouplissement quantitatif.

À l’opposé, l’or et l’argent ont, dans l’histoire, joué le rôle de monnaie-matière. L’or est neutre, ne comporte pas de risque envers un tiers (« contrepartie ») et peut être utilisé directement comme moyen de paiement, sans dépendre du système bancaire ni d’intermédiaires de crédit. Cette caractéristique lui permet de conserver sa valeur intrinsèque dans l’ensemble des cycles économiques.

II. Évolution historique de la monnaie et enseignements contemporains

Pour comprendre la situation actuelle, il faut revenir à l’histoire de la monnaie. Toutes les monnaies fiduciaires modernes trouvent leur origine à l’époque de l’étalon or et de l’étalon argent. Le dollar des débuts était émis par des banques ou par le Trésor, correspondant directement à une unité d’argent ou d’or. Bien que la pièce d’or soit de très petite taille, elle représentait une valeur matérielle claire. Après l’effondrement du système de Bretton Woods, en 1971, Nixon annonce la fin de l’arrachement du dollar à l’or : l’étalon-or prend alors définitivement fin, et le monde entre dans une ère purement fiat.

Conséquence : le pouvoir d’achat de la monnaie se déprécie durablement, tandis que l’or et l’argent, en tant qu’actifs tangibles rares, conservent un pouvoir d’achat stable à travers les cycles. Après 500 ans, l’or peut encore servir de moyen d’échange efficace, alors que les titres d’État et les bons du Système de réserve fédérale ne conserveraient peut-être plus qu’une valeur de collection, incapables de maintenir le pouvoir d’achat d’origine. Cette logique historique explique pourquoi, aujourd’hui, banques centrales et investisseurs accélèrent leur pivot vers les métaux précieux : la non-durabilité du système fiat s’est révélée au niveau théorique comme une pression bien réelle.

III. Le rapatriement de l’or par les banques centrales et l’impulsion géopolitique

Les actions récentes des banques centrales mettent en évidence l’importance stratégique de l’or. La banque centrale française a, par un moyen indirect, rapatrié environ 129 tonnes d’or depuis la Réserve fédérale de New York. Elle n’a pas recours à un transport maritime traditionnel : elle a d’abord vendu à New York puis racheté sur le marché européen (possiblement via la London Bullion Market Association). Cette opération efficace réduit non seulement le temps, mais reflète aussi la priorité accordée, par les pays, à la sécurité du stockage local de l’or. Par ailleurs, la Russie a signé un décret administratif limitant l’exportation de lingots d’or, ce qui resserre davantage l’offre.

Ces initiatives surviennent dans un contexte d’escalade du conflit au Moyen-Orient. En période de guerre, le risque de crédit des contreparties augmente brusquement : l’or, grâce à ses propriétés physiques et à sa neutralité, devient l’unique outil de paiement fiable, sans avoir besoin de virements bancaires ni de caution de tiers. Dans les réserves de change des banques centrales, la part de l’or atteint en moyenne 20 %, et certains pays du type BRICS ainsi que la Pologne, par exemple, visent jusqu’à 40 % ou plus. Contrairement au fait que les États-Unis continuent de marquer l’or au prix historique de 42,22 dollars l’once, de nombreuses banques centrales adoptent une comptabilisation à la valeur de marché, de sorte que la valeur détenue augmente de manière significative lorsque le prix de l’or monte.

IV. Corrélation des actifs : dynamique inverse entre l’or et les obligations

L’analyse de la corrélation des actifs est la clé pour comprendre la reconfiguration. Les obligations du gouvernement ont longtemps été considérées comme l’actif « inverse » de l’or : les deux présentent une corrélation négative marquée. Les graphiques de tendance mensuels montrent que l’or suit une trajectoire durablement haussière face aux contrats à terme sur les bons du Trésor américain à long terme. Cette relation découle d’une logique de base : la dépréciation de la monnaie fiduciaire fait monter l’or, tandis que les obligations du gouvernement, qui servent de soutien à la monnaie fiat, subissent l’érosion due à l’expansion de la dette et à l’inflation.

La corrélation négative fait de l’or l’instrument de couverture (hedge) le plus approprié pour une position en obligations. Même lorsque les investisseurs institutionnels ne peuvent pas détenir directement de l’or physique, les métaux précieux peuvent néanmoins disperser efficacement le risque. Le marché obligataire est entré dans la fin de son super cycle haussier de 40 ans, de 1981 à 2020, et se trouve actuellement au début d’un marché baissier : la hausse tendancielle des rendements est particulièrement évidente, ce qui renforce encore la valeur de l’or en tant que couverture.

V. Données de marché récentes et comparaison des performances

Les dernières données montrent que les métaux précieux font preuve de résilience dans un environnement instable. L’or affiche un cours de 4322 dollars l’once au début de l’année ; il est actuellement d’environ 4450 dollars l’once, avec encore un rendement positif depuis le début de l’année. L’argent : 7164 dollars l’once au début de l’année ; actuellement environ 70 dollars l’once. Bien qu’il recule légèrement, il demeure globalement stable. En revanche, la Bourse est morose : indice Dow Jones, 48000 points au début de l’année, actuellement 46250 points ; indice S&P 500, 6845 points au début de l’année, actuellement 6566 points ; indice Nasdaq 100, 25250 points au début de l’année, actuellement 24000 points.

L’ETF d’obligations du Trésor long terme TLT est en baisse d’environ 0,25 % depuis le début de l’année. Les adjudications des obligations du Trésor américain à 2 ans et à 5 ans conservent encore une demande, mais le niveau de souscription diminue, et les rendements progressent globalement. Les données ci-dessus indiquent que l’or est relativement solide parmi les principales catégories d’actifs, ce qui met en évidence l’efficacité de sa fonction de valeur refuge dans le contexte actuel.

VI. Accélération des tendances de reconfiguration des actifs par les institutions

La répartition mondiale des actifs subit une transformation structurelle. Morgan Stanley a ajusté un portefeuille classique 60/40 actions-obligations vers un modèle 60/20/20, où 20 % sont alloués à l’or ou aux métaux précieux, et les 20 % restants aux obligations du gouvernement. Cet ajustement reflète une réévaluation par les institutions du risque lié à la durée (duration) des obligations.

La quantité totale d’or déjà extrait à l’échelle mondiale ne représente qu’environ 6 % des actifs investissables, et dans une allocation d’actifs financiers au sens strict, sa part est inférieure à 0,5 % (sans inclure les avoirs des banques centrales). Les obligations du gouvernement représentent environ 30 % des actifs investissables dans le monde. Même si l’on reconfigure seulement 5 % des actifs obligataires vers l’or, cela produira un effet de hausse considérable sur le prix de l’or. Si le taux de reconfiguration atteint 10 % voire 20 %, l’impact sera amplifié de façon exponentielle. L’action coordonnée des marchés privés et des banques centrales renforce davantage cette tendance.

VII. Défis de géopolitique et de soutenabilité budgétaire

Les facteurs géopolitiques accélèrent le processus de reconfiguration. Le conflit au Moyen-Orient met en évidence une crise de confiance : le précédent du gel, par l’Occident, de 300 milliards de dollars d’actifs russes a déjà semé le doute chez les investisseurs mondiaux quant à la sécurité des bons du Trésor américain. Dans les pays du Conseil de coopération du Golfe, le conflit pourrait exiger une vente massive des réserves afin de reconstruire l’économie, ce qui accroît encore la pression sur l’offre d’obligations.

La pression budgétaire des États-Unis est également significative. Les budgets de la défense prévoient de passer de 9000 milliards de dollars à 1,5 billion de dollars, voire davantage, tandis que le déficit annuel approche 2 billions de dollars. Le ministre des Finances a clairement indiqué qu’il ne couvrira pas le déficit par une hausse des impôts, mais qu’il s’appuiera sur l’emprunt et l’impression monétaire. Le produit des droits de douane fait face à un risque de remboursement en raison de décisions liées à la Cour suprême, et ne peut donc pas amortir efficacement le déficit. Dans les années 1970, dans un environnement de stagflation, les obligations du gouvernement étaient surnommées des « billets de confiscation » ; la situation actuelle fait réapparaître un risque similaire.

VIII. Perspectives de transfert de richesse vers les métaux précieux sur la prochaine décennie

En synthèse, compte tenu de la corrélation des actifs, de l’ampleur de la reconfiguration et des moteurs géopolitiques, les métaux précieux, en particulier l’or et l’argent, se trouvent à la veille d’un vaste flux entrant de richesse. Les caractéristiques de type Ponzi du système fiat déterminent que la dette ne peut être maintenue indéfiniment : les investisseurs chercheront alors des actifs réellement exempts de risque de crédit. La relocalisation des réserves d’or par les banques centrales au niveau local, le retournement des sous-pondérations dans les marchés privés : ensemble, ils constituent des moteurs à la fois de l’offre et de la demande.

Même si la volatilité à court terme peut exister, la tendance de long terme est clairement haussière. Les propriétés physiques de l’or et de l’argent en font le moyen de stockage de valeur ultime à travers les cycles. Au cours des dix prochaines années, la reconfiguration des actifs remodelera la structure de la richesse mondiale et permettra aux prix des métaux précieux de réaliser une réévaluation significative. Les investisseurs doivent reconnaître que l’or n’est pas seulement un outil de couverture, mais aussi un actif central de nature stratégique dans la transformation du système monétaire.

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