Comprendre les citations sur l'or de Warren Buffett : une plongée approfondie dans la philosophie d'investissement de l'oracle

Lorsqu’il s’agit de métaux précieux, Warren Buffett — la légende de l’investissement dont la fortune dépasse 160 milliards de dollars — n’a jamais hésité à exprimer son scepticisme. Depuis des décennies, le chef de Berkshire Hathaway a clarifié sa position sur l’or, qui repose principalement sur sa stratégie d’investissement axée sur la valeur. Mais qu’est-ce qui motive exactement sa position ? Pour comprendre les citations et commentaires de Warren Buffett sur l’or, il faut saisir les principes fondamentaux de sa philosophie d’investissement.

La base : pourquoi la stratégie d’investissement axée sur la valeur de Buffett rejette l’or

Le scepticisme de Buffett envers l’or n’est pas arbitraire — il découle d’une logique d’investissement cohérente. Dans sa démarche d’investissement axée sur la valeur, Buffett recherche des actifs qui génèrent des rendements dans le temps. Il cherche des entreprises qui produisent des biens, offrent des services ou génèrent des bénéfices. L’or, en revanche, ne fait rien de tout cela. Lorsqu’il évalue un potentiel investissement, il le regarde à travers un prisme précis : qu’est-ce que cet actif va produire ?

C’est là que la divergence devient claire. Selon le cadre de Buffett, l’or appartient à ce qu’il appelle « des actifs qui ne produiront jamais rien ». Contrairement à une entreprise manufacturière qui fabrique des produits, ou à une terre agricole qui donne des récoltes, ou à un investissement dans Coca-Cola qui verse des dividendes — l’or reste simplement là. Il ne génère aucun bénéfice, ne verse aucun dividende, et ne crée aucune valeur économique au-delà de l’espoir que quelqu’un d’autre paiera plus cher pour lui plus tard.

Les trois arguments principaux : analyse des citations de Warren Buffett sur l’or

Citation 1 : Le problème des deux défauts

Dans sa lettre aux actionnaires de 2011, écrite lorsque l’or venait d’atteindre un sommet historique d’environ 1 920 $ l’once, Buffett a exprimé ce qu’il considérait comme les défauts fondamentaux de l’or :

« L’or a deux défauts importants, étant ni très utile ni procréatif. Certes, l’or a une certaine utilité industrielle et décorative, mais la demande pour ces usages est limitée et incapable d’absorber une nouvelle production. Pendant ce temps, si vous possédez une once d’or pour l’éternité, vous posséderez toujours une once à la fin. »

Cette citation résume l’essence de la critique de Buffett. Il identifie deux problèmes : d’abord, l’or a une utilité pratique minimale — oui, il est utilisé en joaillerie et en électronique, mais cette demande est limitée et ne croît pas significativement. Ensuite, et c’est plus important pour Buffett, l’or est « non-procréatif ». Il ne se multiplie pas. Il ne produit pas de profits, de dividendes ou de rendements composés.

Le contraste est crucial. Une entreprise réinvestit ses bénéfices, créant une croissance exponentielle. Un verger produit des fruits année après année. Mais une once d’or aujourd’hui reste une once demain, l’année suivante, et dans un siècle.

Citation 2 : La perspective « ça ne fera rien »

Lors d’une apparition en 2009 sur CNBC’s Squawk Box, Buffett a donné une vision plus colorée de la même problématique fondamentale :

« Je n’ai aucune idée de où sera l’or dans cinq ans, mais une chose que je peux vous dire, c’est qu’il ne fera rien d’autre que vous regarder. »

Ce ton plus familier met en avant un point philosophique : bien que Buffett ne prévoie pas la direction du prix de l’or, il est certain d’une chose — l’or lui-même ne produit rien. Il reste là, immobile. Il le compare à des actions, où une entreprise comme Wells Fargo ou Coca-Cola génère des bénéfices. Comme il le dit, « il vaut mieux avoir une oie qui pond des œufs que une oie qui reste là à manger de l’assurance, du stockage et quelques autres choses comme ça. »

Buffett développe cette idée avec une autre observation caractéristique :

« L’idée de déterrer quelque chose du sol, vous savez, en Afrique du Sud ou ailleurs, puis de le transporter aux États-Unis pour le mettre dans un coffre à la Réserve fédérale, ne me paraît pas être un actif formidable. »

De son point de vue, on dépense énormément de ressources pour extraire l’or, le transporter à travers le monde, pour le re-enterrer dans un coffre-fort. L’ensemble de l’opération ne produit aucune valeur économique.

Citation 3 : L’or comme pari sur la peur

Peut-être la critique la plus psychologiquement perspicace de Buffett est-elle venue lors d’une autre interview en 2011 sur CNBC, où il a identifié ce qu’il considérait comme le véritable moteur de la demande d’or :

« En gros, l’or est une façon de miser sur la peur. C’est une assez bonne façon de miser sur la peur de temps en temps. Mais il faut vraiment espérer que les gens deviennent plus effrayés dans un ou deux ans qu’ils ne le sont maintenant. Et si c’est le cas, vous faites de l’argent ; si la peur diminue, vous perdez de l’argent. Mais l’or lui-même ne produit rien. »

Cette remarque change le cadre. Buffett ne dit pas nécessairement que l’or est sans valeur — il dit que ses profits dépendent entièrement de shifts psychologiques. L’or est un actif refuge, ce qui signifie que les investisseurs y affluent en période d’incertitude. Si la peur augmente, le prix de l’or monte et les investisseurs gagnent. Si la confiance revient, le prix baisse et ils perdent. Les rendements de l’or ne proviennent pas de ce que l’or produit, mais de la psychologie collective.

Pour illustrer l’absurdité de cette dépendance aux facteurs émotionnels, Buffett propose une expérience de pensée dans sa lettre aux actionnaires de 2011 : toute l’or du monde vaudrait environ 7 000 milliards de dollars. Avec cette somme, vous pourriez posséder toute la terre agricole américaine, plus sept sociétés ExxonMobil, plus un milliard de dollars en cash. « Je, vous savez, peut-être que je suis fou, mais je préfère la terre agricole et ExxonMobil », a-t-il déclaré.

La contre-argumentation du marché : les citations de Buffett sur l’or tiennent-elles la route ?

Tout le monde n’est pas d’accord avec l’évaluation de Buffett, bien sûr. Frank Holmes, directeur des investissements chez U.S. Global Investors, a directement contesté la logique de l’oracle : il a souligné qu depuis 2000, l’or a largement surperformé le S&P 500, et a aussi surpassé Berkshire Hathaway — contredisant l’implication de Buffett selon laquelle l’or serait un mauvais investissement.

Holmes a aussi critiqué l’argument selon lequel l’or reste statique : « Il a totalement tort. Depuis 2000, l’or a surpassé le S&P 500 par deux à un, et a aussi surpassé Berkshire Hathaway. »

Ce désaccord met en lumière un point crucial : la critique de Buffett sur l’or est essentiellement philosophique plutôt qu’empirique. Il ne dit pas que l’or ne rapportera pas d’argent ; il dit qu’il ne devrait pas faire partie d’une stratégie d’investissement basée sur la valeur, car il génère des rendements par des facteurs psychologiques, et non par une capacité productive. La question de savoir s’il a historiquement généré de bons rendements est, dans son cadre, presque secondaire.

La surprise Barrick Gold : Buffett a-t-il changé de position ?

Au deuxième trimestre 2020, Berkshire Hathaway a surpris la communauté financière en achetant environ 21 millions d’actions de Barrick Gold, la plus grande société minière d’or du Canada, pour environ 560 millions de dollars. Étant donné le scepticisme bien documenté de Buffett envers l’or, certains se demandaient si l’investisseur légendaire avait fondamentalement changé d’avis.

Cependant, le détail le plus révélateur est apparu deux trimestres plus tard : Berkshire a totalement sorti sa position. La position s’est avérée être une opération tactique plutôt que stratégique — un trade à court terme pour profiter de la hausse de l’or lors de la pandémie de COVID-19, quand les investisseurs se réfugiaient dans des actifs sûrs.

Cette incursion brève dans l’or minier (plutôt que dans l’or lui-même) confirme plutôt que contredit la longue argumentation de Buffett. Elle montre qu’il reconnaît que l’or peut être rentable dans des périodes de peur et d’incertitude. Mais elle confirme aussi que sa profonde objection philosophique à l’or comme investissement reste intacte.

En résumé : scepticisme constant

Malgré cette aventure avec Barrick Gold, les citations de Buffett sur l’or révèlent une vision remarquablement cohérente depuis plus d’une décennie. Ses objections à l’or reposent sur des principes clairs et rationnels : il ne produit rien, ne génère aucun revenu, et ses rendements dépendent de l’espoir que d’autres paieront plus cher, plutôt que de toute création de valeur fondamentale.

La critique de Buffett reflète en fin de compte sa philosophie d’investissement plus large — une préférence pour les actifs qui produisent une valeur économique tangible plutôt que pour ceux dont les rendements dépendent du sentiment et de la psychologie collective. Que vous soyez d’accord ou non avec lui, la cohérence et la logique de ses citations sur l’or offrent un aperçu précieux de la façon dont l’un des plus grands investisseurs de l’histoire pense l’argent et la valeur.

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