Gate Ventures Aperçus de Recherche : DeFi Entre dans la Version 2.0, Émergence de la Couche Intermédiaire de Stratégie Curator et RWA Devient l'Actif de Base Nouveau

TL;DR

  • Le prêt évolue du « protocole de connexion directe entre tous » vers « protocole + couche intermédiaire de stratégies ». Le Curator encapsule la gestion des risques/portefeuille/routage institutionnels en un coffre non custodial, avec une part en constante augmentation ; la complexité croissante des RWA rend les contrôles vérifiables comme PoR/DVN indispensables.

  • Les RWA ne se limitent plus à « détenir en chaîne », mais deviennent des stratégies sous-jacentes générant des intérêts, pouvant être mis en gage et combinés ; plateformes et curators favorisent la croissance des coffres RWA multi-actifs et dérivés, renforçant la liaison avec l’infrastructure DeFi via des collaborations plus profondes avec les institutions.

  • CEX/portefeuilles gèrent l’acquisition client, l’expérience utilisateur et la conformité, tandis que DeFi se charge de la génération de rendement, du règlement et du contrôle des risques. Résultat : « gestion de patrimoine/prêt en un clic sur CEX », avec la couche sous-jacente pilotée par protocoles on-chain et coffres de curators.

  • Après l’expansion de la couche de rendement, les projets s’étendent vers paiements, comptes et cartes, formant un cycle « dépôt → croissance → dépense ». La scalabilité dépend de la capacité réglementaire à garantir la responsabilité et la protection, tout en conservant les avantages vérifiables.

Introduction

L’évolution de la DeFi, depuis ses débuts avec le yield farming et l’agrégation simple de rendement, jusqu’aux stratégies de prêt circulaire, Pendle farming, etc., semble faire varier la source de revenus, mais la logique fondamentale reste inchangée : en prenant un risque identifiable, on obtient une compensation de rendement. Cela ne diffère pas fondamentalement des actifs à rendement dans la finance traditionnelle.

Source : novelinvestor

Prenons l’exemple de la trésorerie et des bons du Trésor : ce sont parmi les actifs « sans risque » dans la finance moderne, comprenant principalement les T-Bonds à court terme et les fonds monétaires. Les données historiques indiquent un rendement nominal à long terme d’environ 3,3 %, avec un rendement réel proche de zéro après inflation. Les gains sont presque entièrement dus à la valeur temporelle de l’argent, sans risque de crédit significatif, et avec un risque de duration très faible. En contrepartie, l’inflation érode le pouvoir d’achat, ce qui limite leur usage à des placements à court terme plutôt qu’à une croissance patrimoniale à long terme.

Les obligations incarnent la logique de rendement liée au prêt de fonds, avec un risque de crédit : obligations d’État ou d’entreprises, avec des rendements variant selon la qualité de crédit : environ 4–4,6 % pour les obligations investment grade à long terme, 6–8 % pour les high-yield. Ces rendements compensent le risque de crédit, la fluctuation de la duration et la liquidité. Le coût : en période de hausse des taux, leur prix chute fortement ; en environnement inflationniste, le rendement réel peut devenir négatif ; en cas de défaut ou de restructuration, l’investisseur risque une perte en capital irréversible. (1)

La logique est identique en DeFi.

La perception d’un « rendement élevé » en DeFi ne vient pas d’une nouvelle logique de création de richesse, mais du fait que le risque sous-jacent est bien plus élevé que dans la finance traditionnelle. Ces risques incluent : le risque de défaut au niveau du protocole (default risk) ; la liquidation en cas de volatilité élevée des actifs sous-jacents dans le prêt circulaire ; ou encore l’incertitude sur le rendement dans le farming de points, liée à la tarification TGE ou aux airdrops.

Avec l’évolution du secteur, la structure du marché DeFi change aussi. De plus en plus de projets cherchent une croissance durable en valorisation, ou renforcent leur position par une extension verticale ou horizontale de leurs produits, visant à faire du protocole une infrastructure financière pérenne, plutôt que de dépendre d’une croissance « sauvage » alimentée par subventions, airdrops ou APY non soutenables.

Sur cette base, voici les principales directions clés que le marché DeFi montre actuellement.

Tendance 1 : Le marché du prêt devient modulaire, créé par des risk curators

Source : Bitwise X

Les marchés de prêt on-chain, grâce à leur meilleure efficacité de règlement et d’exécution, ainsi qu’à leur forte capacité de composition, ont rapidement formé un secteur massif, avec un TVL total d’environ 58 milliards de dollars. Récemment, Bitwise a annoncé le lancement sur Morpho d’un coffre non custodial sous gestion d’un curator professionnel, avec une équipe spécialisée en stratégies et gestion des risques.

Dans la conception de la DeFi 1.0, tous les participants étaient « totalement égaux » au protocole : même modèle de taux, mêmes règles de liquidation, mêmes informations publiques. Les utilisateurs interagissaient directement avec le protocole, sans intermédiaire professionnel pour la gestion des risques ou l’exécution stratégique.

Dans cette structure, des stratégies plus complexes et précises, comme le repositionnement cross-market, la gestion dynamique des risques, la prévision des taux ou l’optimisation de portefeuille, étaient généralement réservées à des institutions ou traders spécialisés, opérant en privé. Ces stratégies n’étaient pas produits ni accessibles sous forme modulaire pour le grand public. Le protocole était ouvert, mais la capacité à optimiser le rendement et gérer le risque restait concentrée entre les mains de quelques acteurs experts.

C’est dans ce contexte que le modèle de coffres et de Curators apparaît. En s’appuyant sur l’ouverture de la DeFi 1.0, ils introduisent une couche intermédiaire vérifiable et non custodiale de « stratégies », structurée de façon transparente et accessible à un plus large public on-chain.

Sur Morpho, par exemple, le Curator, selon sa stratégie, alloue les fonds des utilisateurs à différentes opportunités de risque et rendement, en ajustant dynamiquement selon l’évaluation du risque et les attentes de profit.

Source : DeFillama

Depuis l’émergence du rôle de Risk Curator, la gestion de fonds sous leur contrôle dans les protocoles de prêt ne cesse de croître : un pic à près de 13 %, stabilisé autour de 10 %. Dans l’écosystème actuel, Steakhouse Financial, Sentora, Gauntlet sont les trois principaux acteurs, chacun gérant plus de 1 milliard de dollars en positions on-chain.

Source : Token Terminal

Pourquoi ces gestionnaires d’actifs on-chain ont-ils connu une croissance si rapide ces dernières années ?

Ce n’est pas une dépendance mutuelle, mais la maturité des infrastructures et la spécialisation ont permis d’ouvrir simultanément l’offre et la demande.

Par exemple, Steakhouse Financial, qui gère près de 20 % du TVL total sur Morpho, concentre ses investissements principalement sur BTC, ETH et stablecoins (y compris diverses formes synthétiques ou emballées). Cette croissance fonctionne comme un cercle vertueux : Morpho fournit la structure et la scalabilité du marché, Steakhouse encapsule ses stratégies, gestion des risques et produits en une offre non custodial prête à être massivement adoptée.

  1. Niveau produit : stratégies encapsulées en « fonds non custodial » accessibles
  • Morpho offre des interfaces standardisées de vault/market et d’exécution, permettant de router les fonds entre plusieurs marchés.

  • Steakhouse encapsule la logique de sélection et d’allocation des risques dans des produits curator, évitant à l’utilisateur de choisir lui-même le marché ou de paramétrer, tout en améliorant le rendement ajusté au risque.

  1. Niveau contrôle : mécanismes vérifiables pour remplacer la « confiance »
  • Steakhouse réduit le risque de stratégie par timelock, délai de changement, règles d’accès, etc.

  • La plateforme Morpho, avec ses mécanismes de guardian (ex. suspension en cas d’anomalie), améliore la stabilité et la reproductibilité.

  1. Niveau distribution : du on-chain natif à un public plus large
  • Par exemple, le prêt USDC de Coinbase utilisant Morpho, combiné à une « distribution via canal + exécution DeFi + gestion par curator » : Morpho fournit la structure, le curator propose des produits de rendement plus accessibles.

  • Steakhouse joue aussi un rôle de « canal de distribution » : lorsque ses clients veulent obtenir des rendements on-chain, leurs fonds transitent naturellement vers ses coffres gérés sur Morpho. Cela permet à Steakhouse d’augmenter sa gestion tout en apportant de nouveaux TVL à Morpho, créant une boucle vertueuse entre gestionnaire et protocole.

Sentora, par exemple, alloue des fonds clients à Aave Horizon, en tant que fournisseur de stablecoins pour profiter des marges de prêt, tout en utilisant des stratégies encapsulées pour exposer indirectement à divers RWA ; de même, Gauntlet opère à grande échelle sur Morpho avec gestion de coffres. (2)

Pourquoi cette tendance va-t-elle s’accélérer ?

Les fonds convergent vers une gestion stratégique plus sophistiquée (nécessitant gestion dynamique des risques et portefeuille), souvent impliquant des mécanismes de liquidation, de custody, de conformité, etc. Pour démocratiser la DeFi, il faut que ces stratégies complexes soient produits sous forme d’offres accessibles, permettant à l’utilisateur lambda d’y participer d’un clic. Les plateformes de prêt peuvent le faire en internalisant cette couche stratégique, mais le coût de développement et de maintenance est souvent prohibitif. La solution : confier cette gestion à des tiers spécialisés, les curators. Cette tendance s’étend aussi à d’autres écosystèmes, comme Solana, où Kamino, le principal prêteur, explore aussi la modularité et la gestion en coffres.

Source : Kamino Governance

Les RWA, en particulier PRIME (+4,8 millions USD) et syrupUSDC (+4,6 millions USD), ont connu la croissance la plus forte chez Kamino ces dernières semaines, grâce à leur rendement élevé et leur levier. La dette en revanche est majoritairement en stablecoins (69 %), notamment via des stratégies supportées par RWA (PRIME, syrupUSDC, ONyc). (3)

Source : Kamino Governance

Avec la demande croissante pour le prêt RWA, les Risk Curators chargés de gérer ces stratégies attirent aussi plus de dépôts et de fonds confiés. Par exemple, le produit PYUSD de Sentora a été un des principaux bénéficiaires de flux entrants le mois dernier, ce qui confirme que la complexité croissante des RWA augmente la valeur et la nécessité des Risk Curators.

Le risque principal : le RWA n’est pas qu’un simple collatéral on-chain, mais implique souvent des structures d’émission (SPV), des arrangements de custody, des questions juridiques et de légalité, KYC/whitelist, tarification NAV, oracles, échéances et gestion de liquidité. Ces risques ne se limitent pas à la volatilité ou à la liquidation, mais incluent aussi le crédit, la légalité, l’opérationnel et la liquidité. La gestion de ces risques nécessite une capacité de filtrage, de structuration et de diversification, qui peut être fournie par des Risk Curators, transformant leur rôle en une couche intermédiaire essentielle pour la croissance des RWA.

Si la taille des RWA continue d’augmenter, ces acteurs deviendront probablement indispensables, passant d’option à nécessité.

Revue des risques et reconstruction du système de contrôle

L’effondrement de la chaîne de novembre 2025 (Stream → Elixir → Euler) montre que le plus grand risque pour un Risk Curator n’est pas la sécurité du contrat, mais la transparence du risque et du crédit. Lorsqu’un rendement est emballé en produit simple de dépôt, le vrai risque peut avoir été transféré et amplifié dans le routage et la composition. Si la couche stratégique devient une boîte noire, le coffre peut se réduire à un « intermédiaire de risque non vérifiable ».

Les faiblesses structurelles courantes se résument en quatre points :

  1. Contrôle centralisé : EOA/multisig, risque de perte ou d’abus de pouvoir

  2. Effet de levier par réhypothèque : boucles de vault imbriqués, augmentation de la liquidité et de la pression de liquidation

  3. Conflits d’intérêt : recherche de volume ou de croissance, risque de levier implicite et de risque tail

  4. Manque de transparence : absence de vérifiabilité des positions, valorisation, collatéral, scénarios de stress

Face à cela, PoR (Proof of Reserves) devient une infrastructure clé de contrôle. Par exemple, Chaos Labs propose un PoR pour réduire la panique liée à la réserve : après l’incident Bybit, Ethena a intégré Chaos PoR pour améliorer la visibilité et la vérifiabilité des réserves USDe, limitant la réaction en chaîne lors de fluctuations extrêmes. La mécanique repose sur une vérification automatisée multi-niveaux, suivant en continu trois flux de données clés : réserves bloquées, émission en circulation, et couverture collatérale. Cela permet de transformer la vérification de la suffisance des réserves en une donnée vérifiable, utilisable par contrat et par utilisateur, évitant la spéculation et la panique.

De plus, Accountable propose une solution : la DVN (Data Verification Network) ajoute une couche de « vérification et confidentialité » pour les coffres DeFi et les Risk Curators. Chaque participant opère un nœud local, avec ses clés API, comptes, données sensibles (banque, custody) stockées et cryptées localement. La DVN fournit des preuves cryptographiques que ces données proviennent d’une source fiable, n’ont pas été modifiées, et sont calculées de façon crédible, sans révéler chaque position. En disclosure sélectif, le curator ne publie que des indicateurs clés (actifs/passifs, levier, couverture, expositions, liquidité), améliorant transparence et crédibilité tout en protégeant la stratégie.

Comparé à PoR, qui vérifie la suffisance des réserves, la DVN intègre aussi la crédibilité des sources et la complétude des passifs, atténuant la boîte noire, le retard dans la comptabilisation et l’asymétrie d’information, notamment dans les scénarios complexes RWA.

Tendance 2 : La maturité de l’on-chain RWA s’accélère, avec des applications DeFi en expansion

Source : Coingeek

L’on-chain RWA est désormais une évidence. Selon diverses prévisions, près de 20 000 milliards USD d’actifs seront tokenisés d’ici 2033, incluant T-Bonds, primes d’assurance, etc. La tokenisation n’est que la première étape. En pratique, la majorité des plateformes RWA restent sur une offre « asset unique, position unique », comme les fonds monétaires : dépôt stablecoin, rendement fixe, sans gestion active ni rééquilibrage dynamique.

C’est pourquoi, dans la logique de la tendance 1 (montée des Risk Curators), la prochaine étape majeure sera la gestion de coffres multi-actifs RWA : un curator sélectionne, souscrit et surveille en continu, en regroupant plusieurs expositions RWA dans un portefeuille gérable, offrant un rendement réel plus diversifié, stable et ajusté au risque.

Source : Blockwork @SilvioBusonero

Le volume de prêt en collatéral RWA continue d’augmenter : environ 1,6 milliard USD de TVL, soit 3 % du total prêt, principalement sur Aave, Midas, Morpho, Kamino. Cette tendance reflète d’abord une évolution des stratégies des plateformes :

Plateformes de prêt

Aave Avec Horizon, le prêt RWA devient un marché modulaire et conforme, intégrant RWA dans l’offre principale ; Morpho propose des vaults curator pour rendre le prêt RWA standardisé et distribué ; Kamino, d’un côté, introduit PRIME et autres actifs RWA, de l’autre, construit avec Risk Curator une gamme de stratégies de rendement RWA.

Source : Kamino Governance

En regardant la structure de l’offre de collatéral de Kamino, la part des stablecoins + RWA dépasse 48 %, contre 42 % pour SOL + LSTs. La croissance initiale reposait surtout sur la boucle de prêt circulaire avec actifs natifs et LSTs ; la mutation structurelle indique une migration vers la dominance du collatéral RWA, confirmant que les plateformes de prêt jouent un rôle clé dans la dynamique RWA.

Produits de prêt

Au-delà des plateformes, l’innovation produit et la structuration jouent aussi un rôle : les actifs tokenisés, initialement sous forme de T-Bonds ou or, restent souvent à l’étape de « simple détention on-chain ». Leur usage principal est la détention et l’échange, avec peu d’applications concrètes. Par exemple, XAUt / PAXG de Paxos, longtemps considérés comme « certificats d’or transférables », se limitent à la transaction et au stockage, sans véritable application DeFi.

Source : Theo Network Docs

À partir de 2025, la mise en œuvre de RWA dans la couche applicative DeFi s’accélère : projets transforment RWA en blocs financiers composables, générant intérêts, pouvant servir de collatéral ou de stratégie. Par exemple, Theo Network a lancé thGOLD, un actif tokenisé générant des intérêts en prêtant à des détaillants d’or, avec un rendement annuel d’environ 2 %. (7)

Ce qui est crucial, c’est que cette propriété génératrice d’intérêt transforme l’or on-chain, qui n’était qu’un actif statique, en un actif générant du cash-flow, utilisable dans des stratégies plus complexes comme delta-neutral ou levier, impossible avec l’or traditionnel non générateur d’intérêt.

Source : X@rachit

Un autre exemple est OnRe Finance, avec son token $ONyc, dont le rendement provient de la réassurance : une forme d’assurance pour les assureurs, qui transfèrent une partie de leur risque à des réassureurs en payant une prime. En cas de catastrophe (ouragan, tremblement de terre), la réassurance couvre une partie des pertes. La plateforme OnRe investit dans des contrats de réassurance à court terme, générant ainsi un flux de revenus, qui alimente $ONyc. Les utilisateurs peuvent détenir et échanger $ONyc comme un actif générant intérêt, ou l’utiliser comme collatéral dans des prêts ou levier, combinant ainsi rendement réassurance et efficacité de capital on-chain.

Participation des institutions traditionnelles

Les institutions financières traditionnelles adoptent une approche plus « infrastructurelle » dans la DeFi, plutôt que d’acheter simplement des tokens ou faire du trading à court terme. Une voie consiste à intégrer directement des RWA réglementés dans la couche de liquidité et de trading DeFi. Par exemple, Uniswap × BlackRock, en partenariat avec Securitize, a tokenisé le fonds monétaire BUIDL de BlackRock sur UniswapX, permettant aux investisseurs qualifiés d’échanger plus facilement entre BUIDL et stablecoins, intégrant ainsi des actifs institutionnels dans la DeFi.

Une autre voie est l’engagement à plus long terme, avec une intégration plus profonde : partenariat Apollo × Morpho, où Apollo fournit du capital et une garantie de crédit institutionnels, tandis que Morpho offre une infrastructure modulaire de prêt et de vaults, signalant une transition du DeFi vers une infrastructure financière institutionnelle.

Contrats perpétuels RWA

Les actions tokenisées ont déjà attiré plusieurs plateformes, mais leur structure diffère : xStocks, Backed, etc., utilisent un modèle « 1:1 avec un dépositaire » : la société de dépôt détient physiquement les actions, et l’actif tokenisé donne une exposition au prix, avec des droits de vote et dividendes, mais la propriété légale reste au dépositaire.

Superstate et Securitize optent pour une autre voie : en tant qu’agents de transfert agréés par la SEC, ils inscrivent directement les détenteurs dans le registre des actionnaires, intégrant la blockchain dans la gestion des droits et des registres.

Exemple : en septembre 2025, Galaxy Digital, via Superstate, a lancé la tokenisation de ses actions, et les détenteurs de GLXY sont devenus de véritables actionnaires, avec droits de vote et dividendes, connectant la chaîne et le registre traditionnel.

Source : Coindesk

Par ailleurs, l’infrastructure de marché progresse : la DTCC, principal acteur américain de la compensation, de la règlementation et de la garde, a reçu une « no objection » de la SEC pour commencer à tokeniser certains de ses processus, apportant un support sous-jacent plus proche des marchés traditionnels pour la tokenisation des titres. (11)

Statut actuel des contrats perpétuels RWA

Source : Dune Analytics@yandhii

Le volume quotidien des contrats perpétuels RWA on-chain tourne autour de 1,5 à 2 milliards USD, principalement via Hyperliquid (HIP-3), qui représente plus de 60 % du volume. En comparaison, le volume quotidien des actions US est d’environ 51,65 milliards USD, et celui de l’or en 2024 d’environ 233 milliards USD. La liquidité des dérivés RWA on-chain reste inférieure à celle des marchés traditionnels, mais le potentiel de croissance est important.

Source : Lighter X

L’atout majeur de la chaîne est d’ouvrir l’accès à la liquidité mondiale : transformer des actifs soumis à des contraintes de fuseau horaire, de région ou de courtier en contrats standardisés négociables 24/7, accessibles globalement. Par exemple, Lighter a récemment lancé plusieurs contrats perpétuels sur des actions sud-coréennes, permettant à des investisseurs non locaux d’accéder plus facilement aux marchés étrangers, élargissant ainsi la portée transfrontalière.

Ces contrats ne représentent pas une détention réelle d’actions, ni ne donnent de droits de vote ou de dividendes. Ce sont des dérivés indexés ou liés à des oracles, qui suivent le prix spot, mais sans livraison réelle d’actifs.

Les deux principaux défis restent :

  1. Fragmentation de la liquidité : les actions tokenisées sont dispersées sur différentes chaînes et plateformes, sans carnet d’ordres partagé ni profondeur commune, ce qui limite la liquidité, augmente la volatilité des prix, et empêche la mise en place d’un marché institutionnel stable.

  2. Régulation encore « offshore » : beaucoup de produits sont opérés dans des environnements peu réglementés ou offshore, avec peu de clarté juridique aux États-Unis. La CFTC n’a pas encore défini de cadre clair pour les contrats perpétuels, ce qui limite leur légalité et leur adoption à long terme.

Cela signifie que les plateformes proposant ces produits doivent encore faire face à une incertitude réglementaire importante, et que leur légitimité aux États-Unis reste à confirmer. La voie durable dépendra d’une régulation claire, notamment par la CFTC, pour assurer la conformité et la stabilité.

Tendance 3 : La DeFi devient l’infrastructure de distribution et de rendement des CEX

Exemples : USD1 dans Binance Earn comme actif générant des intérêts ; Coinbase avec le prêt crypto sous Morpho ; Kraken avec ses produits de rendement DeFi intégrant Chaos Labs ; Ondo Global Markets sur Gate.

Tous ces cas illustrent une tendance claire : pour atteindre une échelle, la DeFi s’intègre de plus en plus dans les canaux de distribution des CEX et portefeuilles (Earn, Loans, Wallet Mini App), plutôt que de rivaliser directement à l’entrée. Les CEX et portefeuilles gèrent l’acquisition client, l’expérience et la conformité, tandis que la DeFi se charge de l’exécution, du règlement, du contrôle des risques et de la composition.

Ce découpage permet une division du travail : les CEX et portefeuilles ont une capacité d’attraction et de conversion supérieure, avec une base d’utilisateurs massive, une expérience fluide, une gestion du KYC/AML, et une confiance dans la marque. La complexité technique et réglementaire des stratégies on-chain est mieux prise en charge par la DeFi, qui peut ainsi proposer des produits plus sophistiqués, tout en s’appuyant sur la confiance et la distribution des acteurs centralisés.

Ce modèle « front-end centralisé, back-end on-chain » est cohérent avec la logique commerciale : la croissance passe par la multiplication des produits et la fidélisation, sans que l’utilisateur ait à gérer la complexité technique.

Source : DeFillama, Dune Analytics@ryanyyi

Exemple : depuis janvier 2025, Coinbase propose un service de prêt avec collatéral crypto, où l’utilisateur dépose du BTC pour emprunter USDC. La procédure est simplifiée : le BTC est converti en Coinbase Wrapped Bitcoin (cbBTC), stocké sur la chaîne Base dans un marché Morpho, et l’utilisateur peut « en un clic » emprunter USDC. La complexité de l’interaction on-chain est déléguée au backend, pour une expérience proche de la finance traditionnelle.

Les infrastructures supportant cette expérience incluent : Coinbase Smart Wallet (liaison automatique avec le compte utilisateur), Passkeys (gestion des clés privées), Paymaster (paiement des frais en tokens arbitraires), MagicSpend (paiement direct depuis le compte Coinbase même sans fonds on-chain). L’objectif est de rendre la gestion de portefeuille, la cross-chain, la signature, aussi simple que dans le Web2.

Une fois déployée, cette intégration permet à Coinbase d’accroître la taille de ses flux vers Morpho, tout en renforçant la crédibilité et la confiance dans Morpho comme infrastructure de référence. Cela facilite l’attraction de nouveaux déposants, curators et applications, créant une boucle vertueuse.

Source : Dune Analytics@ondo_team, @xstocks

Autre exemple : Ondo Global Markets et xStock, qui ont lancé leurs produits sur plusieurs CEX, avec un volume de trading significativement supérieur à celui sur DEX (respectivement 3,5x et 32x). Cela montre que, pour l’instant, les CEX restent les canaux de distribution les plus liquides et efficaces, attirant une masse d’utilisateurs plus importante, permettant une découverte de prix et une profondeur de marché plus rapides.

Tendance 4 : La DeFi devient une banque on-chain intégrée, avec paiements, épargne et rendement

Au niveau macro, la législation sur les stablecoins se précise, avec des réglementations plus claires pour les banques et institutions : OCC, FDIC, Fed, etc., assouplissent peu à peu les restrictions, notamment sur la garde, le règlement, la stabilité, et la gestion des réserves.

Par ailleurs, l’UE avec MiCA, le Japon, Hong Kong, UK, etc., insistent sur la suffisance des réserves, la transparence et la gestion des risques. La conjoncture réglementaire offre un cadre plus clair pour les constructeurs, et pose les bases pour des produits comme Neo Finance, qui relient la conformité réglementaire et la couche on-chain.

Au niveau infrastructure, le coût des L1/L2 a fortement baissé, l’abstraction des comptes progresse, permettant une expérience utilisateur fluide : inscription par email, lien avec un compte bancaire, déploiement dans des coffres DeFi comme Morpho, pour générer des rendements, puis paiement par carte de débit.

Les capacités de néo-banques (Neobanks) deviennent quasi « plug-and-play » : comptes virtuels, dépôt, paiement, KYC, wallet custody, tout est modulaire. Il suffit de combiner ces modules pour lancer rapidement un produit, sans dépendre d’une banque ou d’une conformité complexe.

Ces éléments façonnent la stratégie des projets DeFi : pour toucher plus d’utilisateurs, ils migrent vers une offre intégrée, combinant épargne, paiement, gestion de fonds, etc. Par exemple, ether.fi étend sa plateforme LST vers une banque DeFi tout-en-un, avec épargne, rendement, paiement, et une expérience utilisateur simplifiée. Aave s’étend du prêt à une application mobile, avec gestion de comptes et de fonds. AllScale construit une nouvelle banque décentralisée pour les micro-entreprises, avec stablecoins, paiements transfrontaliers, gestion financière. Tether investit dans Plasma pour faire évoluer ses stablecoins vers une plateforme de paiement, de règlement et de gestion de comptes.

Ce mouvement est aussi une extension de la scalabilité : quand la couche de rendement et de coffre grossit, le projet évolue naturellement vers une offre plus complète, de « protocole → écosystème/chaîne → application financière ». La logique est aussi « valorisation-orientée » : la simple distribution de rendement limite la croissance et la valorisation ; en intégrant paiements, custody, comptes, la plateforme devient un écosystème à revenus récurrents et à valorisation plus élevée.

Source : Dune Analytics @obchakevich

Exemple : ether.fi, initialement un protocole LST pour transformer ETH en actifs générant intérêts (eETH/weETH), a évolué vers une plateforme intégrée : ces actifs peuvent désormais être utilisés pour le prêt, le levier, ou intégrés dans des coffres pour des stratégies plus complexes. La sortie « Cash (compte + carte) » étend la capacité à la dépense quotidienne, complétant la boucle DeFi bancaire :

  • Actifs (LST/ coffres) : accumulation de TVL et d’actifs utilisateurs, rendement et gestion stratégique, « dépôt » et « croissance »

  • Passifs/paiements (Cash + Card) : capacité de collatéral pour la dépense et le paiement

En permettant de « prêter pour dépenser », on évite la vente d’actifs pour la consommation, améliorant l’efficacité du capital et la rétention. L’expérience utilisateur devient une « chaîne complète » : dépôt (Stake/liquide) → croissance (stratégie/ coffre) → dépense (Cash Card) → remboursement (à tout moment).

Ce qui est clé, c’est que la couche initiale de protocole LST a posé deux fondations : la constitution d’un patrimoine utilisateur, et une infrastructure de rendement. En s’étendant vers le paiement et la dépense, on couvre tout le cycle « rendement → dépense », permettant à la plateforme de maintenir une position de leader dans la carte crypto, avec un volume mensuel supérieur à 50 millions USD, et une trajectoire d’évolution vers un « DeFi Bank » complet : protocole → base d’actifs → compte/carte → banque décentralisée.

Exemple : l’évolution de ether.fi montre une architecture en couches :

Il s’agit d’un mécanisme de « Point-of-Sale Conversion Bridge » (pont de conversion en temps réel) : lors du paiement par carte, le système convertit instantanément la crypto en fiat, le commerçant reçoit du fiat standard, et la transaction est réglée via Visa/Mastercard. La transparence totale pour le commerçant permet une consommation crypto « invisible ».

Ce mécanisme se décompose en trois couches :

  • couche de règlement : confirmation rapide et peu coûteuse sur L2

  • couche de gestion des fonds : smart contracts, multi-signature, comptes ERC-4337, mécanismes de prêt

  • couche d’émission : plateforme CaaS pour convertir crypto en fiat, intégrée aux banques et réseaux Visa/Mastercard, pour une acceptation globale.

De leur côté, Tether étend aussi ses activités vers des applications concrètes, en se positionnant comme une banque :

  • Financement (dépôts et prêts) : collecte de dépôts, prêt à des emprunteurs

  • Paiements et règlements : gestion des transferts, règlements, cartes

  • Création monétaire et politique monétaire : extension du crédit, transmission de la politique monétaire

La stratégie d’investissement dans Plasma complète cette vision : émission de stablecoins pour la circulation, intégration dans des réseaux de paiement à faible coût, et gestion de comptes et de patrimoine pour renforcer la fidélité et la rétention.

Perspectives

La scalabilité des banques DeFi dépend beaucoup de leur capacité à instaurer une confiance réglementaire. La finance traditionnelle repose sur des licences, des assurances, des garanties, et une régulation stricte. La confiance vient de la crédibilité réglementaire, pas seulement de la technologie.

DeFi doit donc s’appuyer sur des mécanismes vérifiables, auditables, et sur une régulation claire pour pouvoir atteindre une adoption massive. La mise en place d’un cadre réglementaire précis, notamment par la CFTC, est essentielle pour assurer la pérennité et la croissance.

Références :

  1. Horizon is a new%2C institution-focused lending,borrow stablecoins against tokenized real-world assets (

Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
  • Récompense
  • Commentaire
  • Reposter
  • Partager
Commentaire
Ajouter un commentaire
Ajouter un commentaire
Aucun commentaire
  • Épingler