La tentative de destitution de Duterte perd de l'élan alors qu'une faction majeure du parti refuse son soutien

La deuxième tentative d’impeachment de la vice-présidente Sara Duterte fait face à une épreuve de crédibilité majeure après qu’une alliance politique clé a laissé entendre sa réticence à rejoindre l’effort. Bien que cette évolution ne signifie pas nécessairement la fin de la campagne d’impeachment, elle révèle à quel point le chemin est devenu difficile pour les défenseurs espérant réussir là où ils ont échoué auparavant. Le paysage politique a considérablement changé depuis le 19e Congrès, et les calculs qui semblaient prometteurs autrefois apparaissent aujourd’hui beaucoup moins certains.

Retrait stratégique du NUP de l’effort d’impeachment

L’annonce du Parti de l’Unité Nationale (NUP) le 25 février a envoyé un message clair : sans nouvelles preuves, ils ne participeront pas. Dans un communiqué officiel, le NUP a souligné qu’il n’avait pas rencontré « de nouvelles preuves matérielles » suffisantes pour justifier la réouverture du dossier contre Duterte. Le parti a précisé que, sauf « l’apparition de nouvelles preuves convaincantes lors de ces audiences qui changeraient fondamentalement la base factuelle », il votera probablement contre la mesure d’impeachment.

Cette position marque une nette inversion par rapport à la position précédente du NUP. Lors du 19e Congrès, la majorité des membres du NUP soutenaient activement la première tentative d’impeachment, qui a d’ailleurs réussi à passer à la Chambre. Cependant, cet effort s’est finalement effondré lorsque la Cour suprême est intervenue pour arrêter le procès au Sénat. Aujourd’hui, avec une direction différente — notamment le vice-président Ronaldo Puno, absent lors de la tentative précédente — le parti adopte une approche plus prudente.

La difficulté de trouver de nouvelles preuves dans le cas d’impeachment

Le timing de l’annonce de la candidature présidentielle de Duterte en 2028, faite une semaine seulement avant la déclaration du NUP, soulève des questions sur les calculs politiques. Les analystes considèrent cette annonce comme une manœuvre stratégique pour jauger quels législateurs resteront dans son camp. La réponse du NUP suggère que ses alliés législatifs ne soutiennent pas automatiquement cette nouvelle campagne d’impeachment.

Les accusations elles-mêmes restent inchangées par rapport à l’affaire initiale : abus de fonds gouvernementaux confidentiels, corruption présumée d’officiels de l’éducation, accumulation de richesses inexpliquées, et menaces rapportées contre le président et sa famille. Duterte a rejeté toutes ces accusations par des dénégations générales, bien que ses critiques soutiennent qu’elle n’a pas abordé systématiquement chaque allégation spécifique. Pour que la campagne d’impeachment prenne de l’ampleur auprès de partis hésitants comme le NUP, les défenseurs devraient présenter des preuves substantiellement différentes de celles déjà révélées lors des auditions et enquêtes précédentes.

Calcul des chiffres : les défenseurs de l’impeachment peuvent-ils encore atteindre le seuil ?

Sur le plan mathématique, la campagne d’impeachment n’est pas totalement hors course. Les défenseurs pourraient théoriquement rassembler 105 à 106 votes — le tiers requis pour envoyer Duterte en procès au Sénat. Cependant, la dynamique joue plutôt contre eux. Le NUP, deuxième plus grand bloc de votes à la Chambre avec environ 30 membres, représente une force difficile à remplacer.

La situation est compliquée par la présence de figures importantes du NUP dont la position compte énormément. Parmi elles, des membres issus de familles politiques établies comme les Villafuertes, Ping Remulla (fils de l’Ombudsman Boying Remulla) de Cavite, Lorenz Defensor d’Iloilo, qui occupe une position de seniorité dans le bureau du leader de la majorité sous Sandro Marcos, et Rolando Valeriano de Manille. Notamment, Valeriano est celui qui a prononcé le discours de privilège ayant déclenché la première enquête parlementaire contre Duterte en 2024 — rendant l’hésitation actuelle de son parti particulièrement significative pour comprendre le paysage politique.

Un schéma de réalignement politique à l’approche de 2028

Le retrait du NUP met en lumière le défi plus large auquel fait face la campagne d’impeachment. Alors que la deuxième plus grande faction après Lakas montre des signes de prudence, la tâche de rassembler suffisamment de votes devient nettement plus ardue. Les alliances politiques semblent se recalibrer à l’approche de la présidentielle de 2028, et les hypothèses traditionnelles sur les schémas de vote pourraient ne plus tenir.

L’effort d’impeachment n’est pas abandonné, mais il dépend de plus en plus de la volonté politique qui semble s’évanouir plutôt que se consolider. Sans preuve décisive ou changement fondamental dans les calculs politiques des législateurs indécis, cette seconde tentative d’impeachment s’annonce comme un combat bien plus difficile que ce que les défenseurs avaient initialement anticipé.

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