Le fondateur de Uniswap, Hayden Adams, a récemment déclaré sur la plateforme X que l’affirmation selon laquelle Aerodrome aurait un revenu protocolaire cinq fois supérieur à celui de Uniswap est trompeuse. La question centrale réside dans le fait que deux protocoles adoptent des modèles de revenus totalement différents : Aerodrome génère des chiffres de revenus artificiellement élevés en percevant 100 % des frais LP puis en les redistribuant sous forme de jetons ou d’incitations ; tandis que Uniswap utilise un modèle plus conservateur, en prélevant une partie des frais pour l’exploitation du protocole et le rachat de jetons. Ce débat reflète une nouvelle compréhension du marché DeFi quant à la durabilité des revenus des protocoles.
La différence essentielle entre deux modèles de revenus
Chiffres comptables vs durabilité réelle
Le modèle d’Aerodrome semble agressif : percevoir 100 % des frais de transaction, puis les redistribuer sous forme de jetons AERO ou de récompenses de liquidité. Résultat : le chiffre de “revenu du protocole” affiché est très élevé. Hayden Adams souligne que si Uniswap adoptait un modèle similaire, ses revenus de frais pourraient atteindre 1 milliard de dollars.
Mais il y a un point clé : ces “incitations” sous forme de jetons sont essentiellement réalisées par l’augmentation de l’offre de jetons, plutôt que par des revenus durables issus des frais de transaction réels. En d’autres termes, Aerodrome crée une “illusion de revenu”.
En revanche, le nouveau modèle de Uniswap est plus pragmatique. Selon les dernières informations, la nouvelle mécanique de frais de Uniswap consiste à prélever 0,05 % des frais de transaction pour le rachat et la destruction de jetons UNI, la majorité des frais restant directement aux LP. Bien que cette approche réduise les gains des LP, elle garantit la authenticité et la durabilité des revenus du protocole.
Comparatif des modèles
Dimension
Aerodrome
Nouveau modèle Uniswap
Taux de prélèvement des frais LP
100 %
Partiellement (0,05 % pour le protocole)
Mode de redistribution
Incitations en jetons + récompenses de liquidité
Redistribution directe + frais du protocole pour rachat et destruction
Caractéristique du revenu comptable
Surévalué
Prudent et réel
Pression sur l’offre de jetons
Élevée (incitations continues)
Relativement atténuée (destruction compensant)
Durabilité
Dépend du prix du jeton
Basée sur des revenus réels issus des frais
Pourquoi le marché peut facilement être trompé
Risques liés aux chiffres artificiellement élevés
Selon diverses sources, en 2025, les revenus de frais de Uniswap, Jupiter et Meteora dépassaient tous 1 milliard de dollars. Ces chiffres semblent impressionnants. Mais le problème est que la performance des jetons de ces protocoles ne correspond pas à ces chiffres comptables. Cela montre une réalité : un revenu élevé ne signifie pas une valeur élevée du jeton, l’essentiel étant si ces revenus sont réels et peuvent réellement bénéficier aux détenteurs de jetons.
La démarche d’Aerodrome amplifie ce problème. En redistribuant 100 % des frais LP sous forme de jetons, cela paraît généreux pour les LP, mais en réalité, cela puise dans le futur. Ce modèle dépend fortement du prix du jeton AERO : si le prix chute, la valeur réelle de l’incitation diminue également.
Changement dans la demande réelle du marché
Le marché commence à déceler ces chiffres artificiellement élevés. De plus en plus d’acteurs réalisent qu’un protocole réellement précieux doit disposer de :
Revenus réels et durables
Mécanismes clairs de répartition des revenus
Retour concret aux détenteurs de jetons
Une santé écologique à long terme plutôt que des incitations à court terme
Pourquoi Uniswap change-t-il de modèle ?
Protection de la liquidité et compétition à long terme
Ce débat intervient dans le contexte du lancement récent du plan UNIfication de Uniswap. En plus de détruire 1 milliard d’UNI, une étape clé a été la mise en place d’un mécanisme de frais : une partie des frais de transaction est utilisée pour le rachat et la destruction. Cette décision semble réduire les gains des LP, mais en réalité, elle vise un équilibre à long terme.
Selon diverses sources, cela a suscité des inquiétudes concernant la liquidité LP. Certains analystes soulignent qu’Uniswap réduit volontairement ses gains LP, tandis que des concurrents comme Aerodrome utilisent des incitations plus élevées pour attirer la liquidité. Mais Hayden Adams explique : plutôt que de maintenir une liquidité à court terme avec des incitations artificielles, il vaut mieux établir une valeur réelle, durable, et une mécanique de retour de valeur.
Changement dans la préférence des investisseurs institutionnels
Le marché traverse une transition. Le modèle initial de DeFi basé sur des émissions élevées et des subventions massives commence à disparaître, remplacé par une attention à des revenus réels et à des modèles durables. Lorsqu’un fonds institutionnel investit dans le DeFi, il ne regarde pas un APY artificiellement élevé, mais un modèle de revenus transparent, programmable, et réutilisable à long terme.
Réflexions approfondies
Point de vue personnel
Ce débat reflète en réalité la maturation du marché DeFi. De l’époque où l’on louait la “guerre des jetons” à aujourd’hui où l’on recherche des “revenus réels”, la rationalité du marché s’affine. La critique de Hayden Adams, bien que dure, soulève une question cruciale : comment évaluer la véritable valeur d’un protocole DeFi ?
Les chiffres de revenus artificiellement élevés finiront par être démasqués. Les incitations agressives semblent souvent une course à la croissance à court terme, mais elles épuisent le potentiel futur. En revanche, la voie conservatrice mais durable choisie par Uniswap, bien qu’elle puisse réduire la liquidité à court terme, repose sur une mécanique de retour de valeur basée sur des revenus réels, ce qui est plus susceptible de gagner la confiance du marché à long terme.
Conclusion
Ce débat entre Uniswap et Aerodrome est en réalité une profonde interrogation sur le modèle de revenus des protocoles DeFi. La différence fondamentale réside entre chiffres artificiellement gonflés et durabilité réelle. Aerodrome, en redistribuant 100 % des frais et en incitant via des jetons, a créé un “mythe de revenu” comptable ; tandis qu’Uniswap a opté pour une voie plus pragmatique, en réduisant les gains LP mais en établissant un mécanisme de retour de valeur authentique et durable.
Pour les acteurs du marché, cette controverse offre une leçon claire : lors de l’évaluation d’un protocole DeFi, il ne faut pas se laisser tromper par des chiffres de revenus artificiels, mais plutôt se concentrer sur la réalité, la durabilité, et la véritable contribution à la valeur du jeton. C’est aussi un signal important de la transition du marché DeFi, passant d’un “mécanisme d’incitation” à un “mécanisme de valeur”.
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Surévaluation vs durable : Pourquoi le fondateur d'Uniswap remet-il en question le mythe des revenus d'Aerodrome
Le fondateur de Uniswap, Hayden Adams, a récemment déclaré sur la plateforme X que l’affirmation selon laquelle Aerodrome aurait un revenu protocolaire cinq fois supérieur à celui de Uniswap est trompeuse. La question centrale réside dans le fait que deux protocoles adoptent des modèles de revenus totalement différents : Aerodrome génère des chiffres de revenus artificiellement élevés en percevant 100 % des frais LP puis en les redistribuant sous forme de jetons ou d’incitations ; tandis que Uniswap utilise un modèle plus conservateur, en prélevant une partie des frais pour l’exploitation du protocole et le rachat de jetons. Ce débat reflète une nouvelle compréhension du marché DeFi quant à la durabilité des revenus des protocoles.
La différence essentielle entre deux modèles de revenus
Chiffres comptables vs durabilité réelle
Le modèle d’Aerodrome semble agressif : percevoir 100 % des frais de transaction, puis les redistribuer sous forme de jetons AERO ou de récompenses de liquidité. Résultat : le chiffre de “revenu du protocole” affiché est très élevé. Hayden Adams souligne que si Uniswap adoptait un modèle similaire, ses revenus de frais pourraient atteindre 1 milliard de dollars.
Mais il y a un point clé : ces “incitations” sous forme de jetons sont essentiellement réalisées par l’augmentation de l’offre de jetons, plutôt que par des revenus durables issus des frais de transaction réels. En d’autres termes, Aerodrome crée une “illusion de revenu”.
En revanche, le nouveau modèle de Uniswap est plus pragmatique. Selon les dernières informations, la nouvelle mécanique de frais de Uniswap consiste à prélever 0,05 % des frais de transaction pour le rachat et la destruction de jetons UNI, la majorité des frais restant directement aux LP. Bien que cette approche réduise les gains des LP, elle garantit la authenticité et la durabilité des revenus du protocole.
Comparatif des modèles
Pourquoi le marché peut facilement être trompé
Risques liés aux chiffres artificiellement élevés
Selon diverses sources, en 2025, les revenus de frais de Uniswap, Jupiter et Meteora dépassaient tous 1 milliard de dollars. Ces chiffres semblent impressionnants. Mais le problème est que la performance des jetons de ces protocoles ne correspond pas à ces chiffres comptables. Cela montre une réalité : un revenu élevé ne signifie pas une valeur élevée du jeton, l’essentiel étant si ces revenus sont réels et peuvent réellement bénéficier aux détenteurs de jetons.
La démarche d’Aerodrome amplifie ce problème. En redistribuant 100 % des frais LP sous forme de jetons, cela paraît généreux pour les LP, mais en réalité, cela puise dans le futur. Ce modèle dépend fortement du prix du jeton AERO : si le prix chute, la valeur réelle de l’incitation diminue également.
Changement dans la demande réelle du marché
Le marché commence à déceler ces chiffres artificiellement élevés. De plus en plus d’acteurs réalisent qu’un protocole réellement précieux doit disposer de :
Pourquoi Uniswap change-t-il de modèle ?
Protection de la liquidité et compétition à long terme
Ce débat intervient dans le contexte du lancement récent du plan UNIfication de Uniswap. En plus de détruire 1 milliard d’UNI, une étape clé a été la mise en place d’un mécanisme de frais : une partie des frais de transaction est utilisée pour le rachat et la destruction. Cette décision semble réduire les gains des LP, mais en réalité, elle vise un équilibre à long terme.
Selon diverses sources, cela a suscité des inquiétudes concernant la liquidité LP. Certains analystes soulignent qu’Uniswap réduit volontairement ses gains LP, tandis que des concurrents comme Aerodrome utilisent des incitations plus élevées pour attirer la liquidité. Mais Hayden Adams explique : plutôt que de maintenir une liquidité à court terme avec des incitations artificielles, il vaut mieux établir une valeur réelle, durable, et une mécanique de retour de valeur.
Changement dans la préférence des investisseurs institutionnels
Le marché traverse une transition. Le modèle initial de DeFi basé sur des émissions élevées et des subventions massives commence à disparaître, remplacé par une attention à des revenus réels et à des modèles durables. Lorsqu’un fonds institutionnel investit dans le DeFi, il ne regarde pas un APY artificiellement élevé, mais un modèle de revenus transparent, programmable, et réutilisable à long terme.
Réflexions approfondies
Point de vue personnel
Ce débat reflète en réalité la maturation du marché DeFi. De l’époque où l’on louait la “guerre des jetons” à aujourd’hui où l’on recherche des “revenus réels”, la rationalité du marché s’affine. La critique de Hayden Adams, bien que dure, soulève une question cruciale : comment évaluer la véritable valeur d’un protocole DeFi ?
Les chiffres de revenus artificiellement élevés finiront par être démasqués. Les incitations agressives semblent souvent une course à la croissance à court terme, mais elles épuisent le potentiel futur. En revanche, la voie conservatrice mais durable choisie par Uniswap, bien qu’elle puisse réduire la liquidité à court terme, repose sur une mécanique de retour de valeur basée sur des revenus réels, ce qui est plus susceptible de gagner la confiance du marché à long terme.
Conclusion
Ce débat entre Uniswap et Aerodrome est en réalité une profonde interrogation sur le modèle de revenus des protocoles DeFi. La différence fondamentale réside entre chiffres artificiellement gonflés et durabilité réelle. Aerodrome, en redistribuant 100 % des frais et en incitant via des jetons, a créé un “mythe de revenu” comptable ; tandis qu’Uniswap a opté pour une voie plus pragmatique, en réduisant les gains LP mais en établissant un mécanisme de retour de valeur authentique et durable.
Pour les acteurs du marché, cette controverse offre une leçon claire : lors de l’évaluation d’un protocole DeFi, il ne faut pas se laisser tromper par des chiffres de revenus artificiels, mais plutôt se concentrer sur la réalité, la durabilité, et la véritable contribution à la valeur du jeton. C’est aussi un signal important de la transition du marché DeFi, passant d’un “mécanisme d’incitation” à un “mécanisme de valeur”.