Le célèbre investisseur Bill Ackman a récemment formulé, via sa société holding Pershing Square, une offre majeure visant à acquérir le géant mondial de la musique Universal Music Group (UMG) pour environ 56 milliards d’euros (environ 65 milliards de dollars). Universal Music Group dispose d’un portefeuille substantiel de droits, incluant des artistes transgénérationnels tels que Taylor Swift (Taylor Alison Swift) et les Beatles. D’après le plan de présentation du rapport « New UMG » publié par le groupe, cette opération vise à transférer la cotation d’Universal Music Group d’Amsterdam à New York, en fusionnant avec une société d’acquisition à vocation spécifique (SPAC). Ackman a déjà des liens d’investissement solides avec Universal Music Group, et tente cette fois, en plus, de régler de manière radicale la problématique de « décote européenne » à laquelle le groupe est confronté de longue date, grâce à une restructuration du capital.
Bill Ackman s’intéresse à Universal Music Group depuis 2021
L’intersection entre Bill Ackman et Universal Music Group remonte à 2021, lorsqu’il cherchait à obtenir 10% du capital du groupe via un SPAC qu’il avait créé, avant que, finalement, la prise en charge soit confiée à un fonds spéculatif affilié en raison de contraintes réglementaires. Universal Music Group continue d’attirer d’importants volumes de capitaux, notamment parce qu’il détient un portefeuille substantiel de droits couvrant des stars transgénérationnelles telles que Taylor Swift, Drake et les Beatles. Ces actifs incorporels construisent une large et très haute « douve » industrielle, et, dopés par la puissance des technologies de la diffusion en continu et de l’intelligence artificielle, ils se traduisent par une forte résistance à l’inflation et par une capacité de monétisation. Un flux de trésorerie stable et durable constitue le fondement financier central sur lequel Ackman s’appuie pour évaluer et déclencher cette acquisition d’ampleur.
Plan « New UMG » et redressement de la valorisation
Selon les arguments centraux du rapport « New UMG », la performance boursière actuelle d’Universal Music Group s’est nettement détachée de ses fondamentaux solides, principalement à cause de l’effet de « décote européenne » induit par sa cotation à Amsterdam. Le rapport propose qu’en restructurant l’actionnariat et en transférant le lieu principal de cotation au New York Stock Exchange, il serait possible d’attirer efficacement des capitaux américains à long terme axés sur les secteurs de la technologie et du contenu. L’objectif stratégique d’Ackman est de briser le cadre traditionnel d’évaluation de l’industrie du divertissement, et de repositionner Universal Music Group comme une « valeur de média technologique de cœur » présentant un potentiel de PER élevé, afin de pouvoir rivaliser, au sein du même écosystème, avec les grands géants technologiques américains.
Structure des participations transnationales de l’UMG et obstacles potentiels aux fusions-acquisitions
Malgré l’attrait financier du plan stratégique, la structure complexe des participations transnationales d’Universal Music Group constituera le principal test de ce dossier. Les principaux actionnaires importants du groupe incluent le magnat français des médias Bolloré (Vincent Bollore) et le géant chinois de la technologie Tencent ; toute décision majeure visant à modifier le lieu de cotation ou la structure du capital doit obtenir le consensus de ces camps clés. En pratique, pousser un changement radical de type « dé-européanisation » est très susceptible de déclencher une lutte pour le contrôle de la direction au niveau des activités transnationales. Par ailleurs, les opérations de fusion-acquisition transfrontalières et le projet de restructuration pour une sortie de bourse se heurteront également à un examen strict de la part des autorités de régulation américaines et européennes, notamment sur les règles antitrust et fiscales, ce qui accroît fortement l’incertitude associée à la transaction.
Réactions divergentes des marchés des capitaux et tarification du risque
En réponse à ce plan de fusion-acquisition et de restructuration, les premiers retours du marché des capitaux montrent la prudence et la divergence des investisseurs. Après la divulgation de la nouvelle, le titre Universal Music Group a bondi de 24% dès l’ouverture, reflétant l’attente à court terme d’une prime d’acquisition ; toutefois, sur l’ensemble de l’année, il enregistre encore une baisse de plus de 20%, ce qui indique que les doutes de long terme ne sont pas entièrement dissipés. Dans le même temps, le cours de Pershing Square, la société qui lance l’opération, recule légèrement, tandis que la société de Bolloré, l’un des principaux actionnaires, affiche une hausse. Ce type de performances discordantes met en évidence que les investisseurs institutionnels procèdent à une revalorisation rationnelle et à une évaluation du risque, en tenant compte de la difficulté d’exécution d’une opération de fusion-acquisition très complexe ainsi que des variables macroéconomiques mondiales.
Cet article « Bill Ackman rachète l’UMG pour 65 milliards, le patron de Taylor Swift change-t-il de mains et l’UMG re-cote-t-elle à New York ? » apparaît pour la première fois sur Chaîne d’info ABMedia.